Confinement : Si les restaurants restent fermés pour les fêtes, ce sera « une catastrophe » pour la filière foie gras

GASTRONOMIE Les restaurants représentent 60 % des débouchés des producteurs de foie gras pendant les fêtes. S’ils restaient fermés, ce serait un gros manque à gagner pour la filière

E.P. avec AFP

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Les producteurs de foie gras du Sud-Ouest sont très inquiets de la fermeture prolongée des restaurants alors que les fêtes approchent.
Les producteurs de foie gras du Sud-Ouest sont très inquiets de la fermeture prolongée des restaurants alors que les fêtes approchent. — Olivier Morin AFP/Archives
  • La filière foie gras s’inquiète que les restaurants puissent rester fermés pendant les fêtes.
  • Ce serait une catastrophe économique pour elle puisque en novembre et décembre elle réalise 75 % de ses ventes annuelles.
  • Le retour de la grippe aviaire ne l’inquiète pas, elle est sous contrôle et, depuis quatre ans, les producteurs sont davantage expérimentés.

L’avenir de la filière foie gras semble suspendu aux prochaines annonces gouvernementales. Le maintien de la fermeture des restaurants pendant les fêtes serait pour elle « une catastrophe » a indiqué mardi Marie-Pierre Pé, directrice du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), alors que l’hypothèse circule.

« Ce serait le plus handicapant puisque les restaurants représentent 60 % de nos débouchés pendant les fêtes, précise-t-elle à 20 Minutes. Même si certains font un peu de plats à emporter, cela reste marginal ».

Suspense du côté du gouvernement

Interrogé sur une fermeture des restaurants jusqu’en février pour endiguer l’épidémie de coronavirus, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie a botté en touche mardi matin : « c’est au ministre de la Santé et au Premier ministre de le dire. »

« On espère pouvoir rouvrir tout le plus vite possible, mais vous voyez comme moi la situation épidémique qui perdure dans le pays », a ajouté Julien Denormandie sur l’antenne de la radio RMC, estimant que « pendant cette période-là, notre rôle, c’est d’accompagner toutes celles et ceux qui sont dans la détresse ».

Interrogé également mardi matin sur RMC/BFMTV sur une réouverture des bars et restaurants avant début janvier, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a expliqué ne pas pouvoir « répondre de façon formelle à cette question, je peux vous dire qu’ils ne rouvriront pas début décembre, ça c’est un fait ».

La grippe aviaire passe au second plan

La filière est d’autant plus inquiète que la fréquentation a baissé dans les grandes surfaces, avec la fermeture de beaucoup de rayons dits non-essentiels. « Nous sommes tous mobilisés pour que la bulle festive dont nous avons tant besoin puisse avoir lieu », assure Marie-Pierre Pé à 20 Minutes. En novembre et décembre, la filière réalise 75 % de ses ventes annuelles.

Une préoccupation qui éclipse la survenue en Corse d’un premier cas d’influenza aviaire qualifié en comparaison de « non-événement ». En quatre ans, des progrès considérables ont été réalisés pour la gestion de l’épizootie, met en avant l’interprofession. Les producteurs se sont équipés de bâtiments pour confiner leurs bêtes et elles sont sous surveillance étroite grâce à des outils cartographiques pointus.