Loire-Atlantique : Le champion du vélo « made in France » change (encore) de braquet

ECONOMIE La Manufacture française du cycle (MFC), basé à Machecoul, va encore augmenter sa capacité de production et embaucher grâce à une aide de l'Etat et de la région

David Phelippeau

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Dans l'entreprise à Machecoul.
Dans l'entreprise à Machecoul. — Manufacture française du cycle.
  • Le premier fabricant français de vélos va toucher de la part de l’état un fonds de soutien à l’investissement industriel servant à financer des projets de modernisation.
  • Cette enveloppe de 800.000 euros va permettre d’augmenter la capacité de production avec notamment la création d’une ligne de production supplémentaire.
  • 166 nouveaux emplois vont être créés avec cette aide.

Encore un gros coup de pédale mis par la Manufacture française du cycle (MFC), une entreprise historique installée à Machecoul-Saint-Même en Loire-Atlantique. Comme deux autres sociétés du département ( Armor à la Chevrolière et Cast à Ancenis), le premier fabricant français de vélos va bénéficier du fonds de soutien à l’investissement industriel servant à financer des projets de modernisation. « Nous avons été choisis d’abord car le vélo, c’est une solution d’avenir, c’est bon pour la santé, l’environnement le porte-monnaie, et ensuite, nous faisons partie du patrimoine industriel local », estime David Jamin, directeur général de la MFC, qui compte 550 salariés.

Une aide de 800.000 euros va être allouée de la part de l'Etat et de la région. Elle va permettre à la société estampillée made in France de lancer de nouveaux investissements et le recrutement de 166 emplois. « Nous allons pouvoir augmenter notre capacité de production et notre montée en gamme car nous avons une vraie ambition de croissance dans un secteur [le vélo] en plein boom, développe le DG. Il y aura ainsi la création d’une ligne de peinture poudre et d’un atelier de peinture haut de gamme, mais aussi l’investissement dans des machines françaises pour produire des roues de plus en plus pointues. » 

Le numéro 1 (et de loin) en France

En 2024, MFC espère ainsi fabriquer 700.000 bicyclettes par an. A titre de comparaison, en 2019, l'entreprise avait produit 450.000 vélos, dont 90.000 à assistance électrique. Des chiffres qui ne seront forcément pas à cette hauteur cette année compte tenu de l’arrêt de la production pendant les deux mois du confinement. « La France importe 75 % des vélos, précise David Jamin. Sur les 25 % produits sur le territoire, on en produit les deux tiers ! » L’entreprise fournit ainsi les Vélib parisiens et les Bicloo nantais, et a remporté le marché rennais, à compter de l’année prochaine, indique le DG.

En attendant, l'usine de vélos de Machecoul, créée en 1925, ne s’est pas toujours aussi bien portée. La société, qui a équipé les plus grands champions du XXe siècle (Bernard Hinault, Laurent Fignon, Jacques Anquetil…), est placée en redressement judiciaire après une érosion des ventes en 2012. Elle  est finalement reprise in extremis par le groupe Intersport et rebaptisée MFC. 

En sept ans à peine, elle triple sa capacité de production et son chiffre d’affaires passe de 20 millions à 120 millions d’euros. Aujourd’hui, la majorité des bicyclettes produites à Machecoul-Saint-Même sont vendues au sein du réseau Intersport sous la marque Nakamura. La MFC fournit aussi la grande distribution (Leclerc, Auchan, Système U, Carrefour etc.) et quelques enseignes spécialisées (Go Sport, Sport 2000 etc.). Elle écoule également de plus en plus de VTT haut de gamme (marque Sunn) auprès des magasins de cycles.

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