Confinement à Marseille : « Consommons local », la mairie lance un site pour soutenir les commerçants

ECONOMIE La ville de Marseille a lancé une plateforme en ligne pour aider les commerçants marseillais à vendre leurs produits malgré le confinement

Mathilde Ceilles

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Un commerce fermé en raison du confinement, à Marseille
Un commerce fermé en raison du confinement, à Marseille — Christophe SIMON / AFP
  • La mairie de Marseille a lancé un site qui offre une vitrine aux commerçants locaux, fermés pour cause de confinement.
  • L’initiative est bien accueillie par ces commerçants, mais ces derniers estiment que ce ne sera pas suffisant pour les sortir de la crise.

Un sac, des boucles d’oreille, un poster et même une guitare. Depuis ce vendredi, la ville de Marseille est la gardienne d’une sorte de caverne d’Ali Baba numérique, à travers un site Internet, consommonslocal.marseille.fr, qui vise à mettre en avant les produits vendus par les commerçants marseillais, durement touchés, comme ailleurs, par un confinement​ dont on ignore encore aujourd’hui la fin.

« Nous nous sommes appuyés sur les associations de commerçants, explique Rebecca Bernadi, adjointe à la maire de Marseille en charge du commerce. Ils ont fait un gros travail, en urgence, la semaine dernière, pour contacter par mail leurs adhérents. Ensuite, les commerçants doivent envoyer des photos des produits, leurs références, un prix et un moyen de les contacter. Et tous les commerçants peuvent participer, qu’ils soient petits ou gros, qu’ils vendent des produits de 5 à 500 euros. Notre rôle, c’est de mettre en avant les commerces, leur offrir une sorte de vitrine pour les aider à vendre en ligne. »

450 commerçants

A l’heure où la vente par correspondance est le seul débouché possible pour de nombreuses entreprises, 450 commerçants ont répondu à l’appel de la mairie, dont très peu de commerces de bouche pour l’heure. « Loin de moi l’idée de faire de la communication, je n’ai pas fait ça pour cela, affirme Rebecca Bernadi. J’espère vraiment que cela va avoir un impact sur ces commerces qui perdent en ce moment une grosse partie de leur chiffre d’affaires. Entendre ce week-end, soit quelques jours seulement, pour moi, que ma fleuriste a vendu grâce au site trois cloches décoratives, pour moi, c’est une belle récompense. Ça montre aussi aux Marseillais qu’il existe dans leur quartier des pépites. »

« Toute initiative destinée à nous aider est la bienvenue en ce moment, soupire Alexandre Seddik, président de la République des commerçants, l’association des commerçants de la rue de la République, dans le centre-ville de Marseille. Après, je ne crois pas que ça soit la seule solution qui puisse nous sortir du marasme qu’est cette crise sanitaire. Seule une dizaine de commerces participe à cette plateforme, et c’est plus pour survivre qu’autre chose. On nous parle de vente en ligne, mais ça me fait bien rire. Moi, je suis patron salarié d’une brasserie, je ne vois pas comment je pourrais vendre un Ricard par correspondance… »

« Il faut rouvrir »

« Le commerce en ligne représente un peu plus de 10 % du chiffre d’affaires des commerçants, note Corinne Innesti, présidente de la confédération de petites et moyennes entreprises (CPME) des Bouches-du-Rhône. Il est vrai qu’on était un peu en retard sur le sujet. Nous avons nous-même lancé notre plateforme, et il serait bon, à l’avenir, de mutualiser toutes les initiatives pour faire une seule plateforme unique. »

Et de s’interroger : « Je ne sais pas si tout le monde achète en ligne. Moi-même, je ne le fais pas. J’ai besoin d’être conseillée, du contact avec le commerçant. Et Noël est une période clé pour le commerce et ce, dès le mois de novembre. Donc toute initiative qui aide, je dis bravo, mais ça ne pourra pas compenser notre chiffre d’affaires. Il faut rouvrir. » Environ 500 commerçants ont manifesté ce samedi à Marseille devant la préfecture des Bouches-du-Rhône​, à l’initiative de la CPME 13, pour demander l’ouverture en urgence des commerces.