Superéthanol, GPL, électrique… Transformer sa voiture pour moins polluer, c’est possible

AUTO Des kits de transformation permettent d’oublier l’essence ou le diesel

Julie Polizzi pour 20 Minutes

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IStock / City Presse

Les automobiles modernes polluent de moins en moins. Mais s’il est nécessaire de se débarrasser des vieux véhicules, il serait dommage de mettre au rancart avant l’heure ceux moins anciens qui peuvent encore parcourir des milliers de kilomètres. La solution ? Transformer son auto pour la rendre plus propre.

Le « rétrofit » électrique boosté par l’État

Le secteur automobile mise essentiellement sur l’électricité pour rendre les voitures moins polluantes. Il n’empêche, les modèles les moins chers tournent autour des 16.000 euros avec le bonus écologique. Pour limiter la facture, vous pouvez opter pour un kit de conversion homologué.

La loi d’orientation des mobilités de 2019 a en effet légalisé le processus de « rétrofit », qui permet de transformer une voiture thermique en électrique. En vertu d’un arrêté publié le 3 avril 2020, toutes les autos, véhicules utilitaires, camions et bus essence ou diesel immatriculés en France depuis plus de cinq ans peuvent être équipés d’une batterie ou d’un dispositif à hydrogène par un installateur agréé. Les deux et trois roues de plus de trois ans peuvent aussi être convertis.

Coût de l’opération ? Aux alentours de 15.000 euros pour une petite citadine, selon les acteurs de ce marché naissant. Mais un décret datant de mai 2020 a créé une prime au « rétrofit » électrique de 2.500 euros pour alléger l’addition. L’aide atteint 5.000 euros pour les foyers les plus précaires (revenu fiscal de référence de moins de 18.000 euros par part). La demande doit être faite via le téléservice du site officiel Primealaconversion.gouv.fr.

Les régions soutiennent le superéthanol

Jusqu’ici, ce sont les kits de conversion au superéthanol qui avaient la cote auprès des automobilistes. Grâce à un boîtier électronique, vous pouvez faire le plein avec du E85, un carburant composé entre 65 et 85 % de bioéthanol, le reste étant réservé au sans-plomb. Pour que le dispositif soit homologué, le véhicule doit fonctionner à l’essence ou avec une motorisation hybride ou encore avec une bi-carburation et être compatible avec le carburant SP95-E10 (qui contient déjà 10 % de bioéthanol). De même, il ne doit pas disposer d’un filtre à particules et sa puissance administrative doit être inférieure ou égale à 14 CV.

Côté coût, il faut débourser entre 700 et 1.400 euros pour faire équiper son auto par un installateur agréé. Mais certaines régions prennent en partie en charge votre facture. C’est notamment le cas en Paca, où le « chèque transition bioéthanol » s’élève à 250 euros, tandis que l’aide atteint 400 euros dans les Hauts-de-France et 900 dans le Grand Est. À noter que l'E85 permet de réduire de 5 % les émissions de CO2 à la sortie du pot d’échappement, pour une baisse globale de 70 % sur l’ensemble du cycle de production.

Le GPL reste méconnu

Bien que peu médiatisé, un dispositif de conversion permet par ailleurs d’installer un kit GPL (gaz de pétrole liquéfié) en parallèle du circuit essence de votre auto. Les véhicules utilisant ce carburant alternatif émettent jusqu’à 20 % de moins de CO2 qu’une motorisation classique équivalente et sont éligibles à la vignette Crit’air 1.

La majorité des voitures essence en bon état de fonctionnement peuvent être équipées de ce dispositif, à condition d’avoir suivi les prescriptions du constructeur en matière d’entretien. Lorsque la marque ne propose pas de modèles GPL dans son parc auto, il est recommandé d’attendre l’expiration de la garantie constructeur pour éviter tout souci en cas de panne. L’installation coûte entre 2.000 et 3.000 euros et ne bénéficie d’aucune aide.

Quelle rentabilité attendre ?

Au-delà de l’argument écologique, un kit de transformation permet de faire baisser la facture de vos trajets :

  • L’électricité : on estime que le coût d’un plein en énergie pour une voiture électrique est environ quatre fois moins élevé que pour son équivalence thermique. Pour une consommation de 15 kWh/100 km, il faut compter en moyenne 10 euros pour une recharge complète.
  • Le superéthanol : bien que ce biocarburant entraîne une surconsommation de 25 %, le litre revient entre 0,6 et 0,70 euro à la pompe, ce qui représente une économie d’environ 650 euros pour 13.000 km par rapport au SP95-E10, selon la filière.
  • Le GPL : malgré une surconsommation de 20 %, le GPL coûte moins de 1 euro le litre à la pompe, ce qui permet de réaliser un tiers d’économies sur son budget carburant, selon ses promoteurs.