Confinement dans la Sarthe : Six millions de tulipes et de roses vont (encore) partir à la poubelle

PRODUITS NON ESSENTIELS Situé dans la Sarthe, le géant de la fleur coupée Bigot Fleurs ne comprend pas la décision de fermer les rayons fleurs des supermarchés

Julie Urbach

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Bigot Fleurs doit jeter des millions de roses et de tulipes
Bigot Fleurs doit jeter des millions de roses et de tulipes — Bigot Fleurs
  • Après les fleuristes, les rayons fleurs des grandes surfaces doivent fermer.
  • Chez Bigot Fleurs, dans la Sarthe, on s'apprête à jeter de nouveau des millions de roses et de tulipes invendues.

Une décision « incompréhensible ». Alors que le débat sur l’inégalité de traitement entre petits commerces et grande distribution fait rage depuis quelques jours, l’entreprise Bigot Fleurs dans la Sarthe a l’impression de revivre « le même cauchemar », voire pire, que lors du premier confinement. Car après la fermeture des fleuristes, les hypermarchés ont cette fois aussi reçu l’obligation de fermer leur rayon fleurs ces prochaines heures.

« Cette décision ne fera pas gagner un euro aux fleuristes mais finira par bel et bien achever une filière de production qui a déjà tellement souffert », dénonce Nicolas Bigot, le directeur de cette entreprise de 1.200 salariés dont le siège est installé à Allonnes. En temps normal, 500.000 de ses fleurs sont envoyées par jour aux grandes surfaces.

« On ne peut pas mettre les fleurs sur pause »

Pour le mois de novembre, la perte risque d’être une nouvelle fois très grande. « Trois millions de tulipes et trois millions de roses vont être jetées, calcule Nicolas Bigot. Nous avons déjà perdu plus de 13 millions de fleurs en mars et en avril. » Car contrairement à d’autres produits qualifiés comme « non essentiels » par le gouvernement, les végétaux ont une durée de vie très limitée. « La croissance des fleurs dans nos serres ne peut pas être mise sur pause », souligne le directeur.

En attendant, l’entreprise prévoit une nouvelle distribution dans les hôpitaux et dans les Ehpad. Mais redoute que ce soit peut-être « la dernière »… Pour tenter de faire face, la société a dû contracter un prêt garanti par l’État (PGE) de plus de deux millions d’euros.