Logement : Construction, durabilité… Ce qu’il faut savoir sur les maisons en paille

NATURE Avec l’intérêt croissant pour les constructions écologiques, la maison en paille et en ossature bois connaît depuis quelque temps un certain succès en Europe

VB pour 20 Minutes
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Durable et respectueuse de l'environnement, la paille est un matériau intéressant pour la construction d'une habitation.
Durable et respectueuse de l'environnement, la paille est un matériau intéressant pour la construction d'une habitation. — iStock/ City Presse

Partout dans le monde et depuis des millénaires, les peuples ont construit des habitations grâce aux végétaux et à la terre. Mais saviez-vous que les premières maisons en paille sont apparues à la fin du XIXe siècle aux États-Unis, dans le Nebraska ?

En France, la première construction de ce type date de 1920. Il s’agit de la Maison Feuillette, à Montargis. Naturelle, renouvelable et saine, cette ressource est un matériau écologique par excellence. Construire votre maison en paille vous tente ? Voici ce qu’il faut savoir.

Écologique et économique

Selon le Réseau français de la construction en paille (RFCP), 500 de ces écoconstructions alternatives verraient le jour chaque année sur le territoire national. Disponible partout et en grande quantité dans notre pays, ce matériau naturel séduit de plus en plus de personnes souhaitant faire attention à leur impact écologique. 100 % biodégradable, ce matériau est en prime un très bon isolant phonique et thermique. On réduit donc ses factures de chauffage.

Moins onéreux que les isolants classiques, le prix d’une botte se situe entre 1 à 2 euros (sans transport). À titre indicatif, il faut compter environ 500 bottes pour une maison de 100 m2. Vous pouvez faire appel à des professionnels de la construction en paille (encore peu répandus) ou opter pour l’auto-construction avec du matériel de récupération, ce qui permettra de baisser les coûts.

- IStock/ City Presse

Quelle durabilité dans le temps ?

Malgré ce qu’on peut imaginer, la paille est solide et vraiment durable, si on respecte quelques conditions. C’est un matériau dit perspirant, ce qui signifie qu’il n’emprisonne pas la vapeur d’eau dans les murs mais la laisse se diffuser. Ne supportant pas l’humidité, les bottes utilisées lors de la pose doivent être stockées bien au sec. Par précaution, les fondations de la maison doivent être réalisées de manière à éviter toute remontée d’eau. Les murs doivent être recouverts d’enduit et il faut prévoir une avancée de toit d’au moins 50 cm.

Contrairement aux idées reçues, la paille, si elle est compactée, traitée et parée comme il faut, résiste au feu et n’est pas plus inflammable qu’un autre matériau.

- IStock/ City Presse

Quel type de paille utiliser ?

Produite à la fin de l’été, la paille doit être réservée le plus tôt possible chez l’agriculteur, à qui vous indiquerez le type de produit, combien de bottes il vous faut, les dimensions des brins… Les ballots doivent être bien secs et bien pressés.

Vous pouvez vous servir de plusieurs types de paille : de blé, de seigle, de triticale (hybride entre le blé et le seigle) et même de riz pour ceux qui vivent en Camargue. En revanche, n’utilisez pas de foin, qui se décompose avec le temps.

Différentes techniques de construction

Vous êtes tenté par l’aventure de la maison en paille mais vous ne savez pas du tout comment vous y prendre ? Sachez qu’il existe deux techniques principales de construction pour vous lancer dans ce projet. La plus ancienne, appelée « Nebraska » en référence à son lieu d’origine, consiste à empiler les ballots de paille les uns sur les autres, en quinconce. Il n’y a pas d’ossature, à part quelques tiges de bois ou de métal qui supportent les bottes. Économique et rapide, elle convient parfaitement aux petits espaces à destination utilitaire tel qu’une grange, un garage ou un atelier, mais moins aux grandes surfaces habitables.

Pour ces dernières, on préférera le procédé de « l’ossature bois » ou du « remplissage », généralement plus utilisé pour construire une vraie maison. En premier lieu, on monte une armature en bois. Entre les différents piliers, on pose la paille qui vient garnir l’ossature (ou la double ossature). Enfin, il est conseillé de la protéger en l’enduisant de chaux ou de terre.

Se lancer dans l’auto-construction

Si vous songez à construire vous-même votre maison en paille, vous pouvez suivre une ou plusieurs formations sur un chantier participatif et solidaire, afin de vous familiariser avec les différentes techniques. En outre, si vous le pouvez, entourez-vous, pour les plans et les dessins, de spécialistes du bâtiment réceptifs à ce genre de projet marginal. Plus d’information sur le site du RFCP.