Confinement : L’activité économique va chuter de 15 %, estime le gouvernement

PREVISIONS Moitié moins que lors du premier confinement, selon le ministre Bruno Le Maire

20 Minutes avec AFP

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Bruno Le Maire
Bruno Le Maire — Ian Langsdon/AP/SIPA

Le gouvernement espère diviser de moitié l’impact des mesures destinées à contrer la progression de l'épidémie de Covid-19 par rapport à la première vague. Mais il estime que le nouveau confinement, qui entre en vigueur dans la nuit de ce jeudi à vendredi, va provoquer une chute de l’activité économique de 15 %.

« Nous avons eu lors du premier confinement une chute d’activité de 30 %, notamment en raison de l’effondrement du BTP, et de la quasi-fermeture des chantiers », a rappelé Bruno Le Maire lors d’un point presse, aux côtés notamment du Premier ministre Jean Castex. « Avec toutes les dispositions que nous avons prises, avec les mesures de soutien, avec les mesures d’accompagnement, de simplification en particulier pour le bâtiment et les travaux publics nous visons un ralentissement de l’activité moitié moindre, de 15 % », a indiqué le locataire de Bercy.

« 15 milliards d’euros » d’aides par mois de confinement

Il entend pour cela consacrer au total « 15 milliards d’euros » d’aides par mois de confinement afin de limiter les défaillances d’entreprises déjà fragilisées par la première vague du coronavirus. « Ce confinement est un coup dur pour toutes les entreprises qui vont être fermées à compter de demain (vendredi). Je pense en particulier aux 200.000 commerces qui vont être obligés de fermer. Nous voulons leur dire que le soutien économique de l’Etat sera encore plus fort que lors du premier confinement », a assuré, le ton grave, Bruno Le Maire.

Parmi les principales mesures annoncées pour tenter de préserver les PME, le fonds de solidarité pour les entreprises, qui avait été mis en place lors du premier confinement, va être réactivé et élargi aux entreprises comptant jusqu’à 50 salariés, afin de compenser les fermetures liées aux mesures de reconfinement, a-t-il ainsi annoncé.

« Toutes les entreprises et tous les commerces qui seront fermés par décision administrative pourront recevoir une indemnisation allant jusqu’à 10.000 euros. Cela concernera les entreprises non plus jusqu’à 10, mais jusqu’à 50 salariés », a-t-il précisé.

Seront débloqués « environ six milliards d’euros pour le Fonds de solidarité, sept milliards d’euros pour l’activité partielle », « un milliard d’euros pour les exonérations de cotisations sociales, un milliard d’euros pour prendre en charge une partie des loyers des entreprises », a expliqué le ministre, détaillant une addition qui s’élève à 15 milliards d’euros par mois.

Crédit d’impôt contre loyer abandonné

Afin d’inciter les propriétaires de locaux commerciaux à la solidarité avec leurs locataires, ceux qui renonceront à « au moins un mois de loyer » entre octobre et décembre pour certaines entreprises bénéficieront d’un crédit d’impôt, a-t-il également annoncé. Les entreprises concernées sont celles de « moins de 250 salariés » qui « sont fermées administrativement » ou appartiennent « aux secteurs de l’hôtellerie, des cafés, de la restauration, de la culture », a précisé Bruno Le Maire. Les bailleurs pourront bénéficier d’un crédit d’impôt représentant « 30 % du montant des loyers abandonnés ».

Le gouvernement a également affiché le souhait de ne pas paralyser totalement l’activité des petits commerces et restaurants fermés du fait des protocoles sanitaires liés au reconfinement. « Les commerces fermés de même que les restaurants ne pourront pas accueillir du public mais pourront continuer de fonctionner pour des activités de livraison et le retrait de commandes », a ainsi déclaré le Premier ministre.

Avec toutes ces mesures, Bruno Le Maire a estimé que le gouvernement avait poussé « au maximum » le « curseur de la protection des entreprises », tout en gardant un œil sur « la relance économique dont dépendra le rebond de 2021 et la sortie de la crise de 2022 ». Il a pour cela interpellé Bruxelles : « J’ai appelé mes homologues européens dans la journée, notamment le président de l’Eurogroupe et nous souhaitons que le plan de relance européen soit maintenant adopté sans délai », a-t-il martelé à deux reprises.