Un nouveau dispositif de formation et de reconversion pour les salariés aux emplois menacés

ENTREPRISE Il doit permettre une reconversion professionnelle vers un métier porteur localement

20 Minutes avec AFP

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La ministre du Travail, Elisabeth Borne, a présenté lundi aux partenaires sociaux
La ministre du Travail, Elisabeth Borne, a présenté lundi aux partenaires sociaux — JC Tardivon/SIPA

La ministre du Travail, Elisabeth Borne, a présenté lundi aux partenaires sociaux un nouveau dispositif de formation s’adressant aux salariés dont  les emplois sont menacés. Ce dispositif baptisé « transition collective », doit permettre une reconversion professionnelle vers un métier porteur localement, a expliqué le ministère du Travail lors d’un point de presse téléphonique à l’issue de la conférence du dialogue social à Matignon.

Le dispositif se veut territorialisé et doit se construire autour de plateformes de transition où se mettront en relation des entreprises ayant des salariés à reconvertir et des entreprises ayant des besoins de recrutement.

Un budget de 500 millions d’euros pour l’Etat

Concrètement, la rémunération et la formation des salariés doivent être prises en charge par l’Etat à hauteur de 40 % pour les entreprises de plus de 1.000 salariés. Elle sera de 75 % pour les entreprises de 300 salariés jusqu’à 1.000, tandis que pour les petites et moyennes entreprises ou les TPE, l’Etat prendra en charge 100 % de la rémunération et de la formation des salariés, a indiqué le ministère.

Le coût pour l’Etat est évalué à 500 millions d’euros dans le cadre du FNE formation (Fonds national pour l’emploi), des moyens déjà budgétés et qui pourront être ajustés à la hausse. Le ministère espère que le dispositif, dont les modalités de mise en œuvre restent à « affiner », pourra être pleinement opérationnel « avant la fin de l’année ».

Le dispositif d’activité partielle longue durée a « pris son envol »

Doivent s’y ajouter la modification de plusieurs dispositifs existants de reconversion professionnelle, comme les congés de mobilité et les congés de reclassement, afin de faciliter le passage d’un secteur touché par la crise à un secteur en tension.

Le ministère a par ailleurs indiqué que le dispositif d'activité partielle longue durée (APLD) lancé en juillet avait « pris son envol », avec plus de 3.600 entreprises ayant signé un accord, représentant 200.000 emplois. Cinq accords de branche ont également été signés et une vingtaine sont en discussion. Ce dispositif autorise une réduction du temps de travail jusqu’à un maximum de 40 % d’heures chômées sous condition d’un accord d’entreprise ou de branche, de 6 à 24 mois, validé par l’administration et comprenant des engagements sur l’emploi et la formation.

La rue de Grenelle a toutefois fait état d’un « bémol » dans le contenu des accords en ce qui concerne les ambitions en matière de formation alors que la logique du dispositif est d’y consacrer le temps chômé, et a dit compter « mobiliser les entreprises ».