Assurance chômage : L’application de la réforme à nouveau repoussée de trois mois

SOCIAL Le Premier ministre a assuré que le gouvernement ne renoncerait pas à cette « réforme majeure »

20 Minutes avec AFP

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Une agence Pole Emploi dans le Val-de-Marne, le 10 juillet 2020.
Une agence Pole Emploi dans le Val-de-Marne, le 10 juillet 2020. — DICOM / Louise MERESSE/SIPA

L’application de la délicate réforme de l’assurance chômage va être à nouveau reportée de trois mois, soit jusqu’au 1er avril 2021, a annoncé ce lundi le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, à l’issue d’une conférence sociale à Matignon.

« La réforme de l’assurance chômage qui était suspendue jusqu’au 1er janvier sera suspendue trois mois de plus » au vu de la crise sanitaire du Covid-19, a indiqué le responsable patronal, le premier à s’exprimer à l’issue de la rencontre de près de trois heures. Le président de la Confédération des PME, François Asselin, a confirmé dans la foulée que la réforme était « décalée au 1er avril ».

« Inadaptée » et « punitive »

Les syndicats réclament l’abandon de la réforme. « Même si elle est décalée, le gouvernement considère cette réforme utile alors que pour nous elle est punitive », a notamment affirmé François Hommeril (CFE-CGC), tandis que Cyril Chabanier (CFTC) a jugé le report « complètement inadapté », estimant que « cette réforme doit être annulée ». « Cette réforme petit à petit, on est en train de faire la démonstration qu’elle n’est pas du tout adaptée à la période », a abondé Laurent Berger (CFDT).

Conçue à un moment de baisse du chômage et de difficultés de recrutements, la réforme prévoit notamment un durcissement de l’indemnisation, accusée de ne pas être assez incitative à la reprise d’emploi, et un « bonus-malus » sectoriel pour pénaliser les entreprises qui abusent des contrats courts.

L’exécutif avait accepté en juillet de la suspendre jusqu’au 1er janvier. Il refuse de remettre en cause la « philosophie » de la réforme, mais s’est dit depuis prêt à en bouger certains « paramètres ». Le gouvernement « n’entend pas renoncer » à la « réforme majeure » de l’assurance-chômage, a immédiatement réaffirmé ce lundi le Premier ministre Jean Castex.