Coronavirus : Jean Castex ouvre ce lundi sa première conférence sociale en pleine crise économique

DIALOGUE Le report de l’application de la réforme de l’assurance chômage devrait être au menu des discussions à Matignon

20 Minutes avec AFP

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Le premier ministre Jean Castex discutant avec des syndicalistes, à Lille le 16 octobre 2020.
Le premier ministre Jean Castex discutant avec des syndicalistes, à Lille le 16 octobre 2020. — Sarah ALCALAY/SIPA

Avec la pandémie de coronavirus et surtout du fait de la crise économique qui en découle, le report de l’application de la réforme de l’assurance chômage est une éventualité toujours sur la table. Mais le sujet est particulièrement sensible. Pour l’aborder, le premier ministre Jean Castex va donc réunir les partenaires sociaux ce lundi à Matignon à partir de 9 heures.

Pour l’exécutif, il s’agira de faire « un point d’étape » sur les premiers chantiers lancés au ministère du Travail, notamment ceux en réponse à la crise, comme le suivi du plan jeunes, les reconversions professionnelles ou les métiers en tension. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire et la ministre du Travail Élisabeth Borne seront donc présents, en compagnie du secrétaire d’État chargé des Retraites et de la Santé au travail, Laurent Pietraszewski.

Une première pour Castex

Les discussions devraient être fortement influencées par les conséquences des nouvelles mesures prises pour ralentir l’épidémie, notamment le couvre-feu, instauré dans 54 départements et qui risque de dégrader un peu plus la situation de l’emploi. « On n’est pas dans la situation du 17 juillet où on espérait avoir tous la crise sanitaire derrière nous », reconnaît-on à Matignon, à propos de la première « conférence sociale » organisée après la nomination de Jean Castex comme chef du gouvernement.

Parmi les points qui seront également abordés : les syndicats comptent demander à nouveau l’abandon de la réforme de l’assurance chômage, que l’exécutif avait accepté en juillet de suspendre jusqu’au 1er janvier. Celle-ci prévoit un durcissement de 4 à 6 mois de travail pour ouvrir des droits et une réforme du mode de calcul des allocations défavorables à ceux qui alternent chômage et contrats courts. Si l’exécutif refuse de remettre en cause la « philosophie » de la réforme, il se dit prêt à en bouger certains « paramètres » et la question d’un nouveau report « fera l’objet d’un tour de table », admet-on à Matignon. « La date du 1er avril 2021 est dans le paysage », confirme un syndicaliste.

Les retraites également sur la table

Le nouveau calendrier pourrait aussi concerner la réforme des retraites, qui devait normalement revenir dans le débat fin 2020-début 2021. Dans un courrier au Premier ministre le 14 octobre, les cinq leaders syndicaux (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) ont suggéré au gouvernement d'« annoncer que l’heure n’est pas de remettre à l’ordre du jour le sujet des retraites ». Sur ce point, le gouvernement botte pour l’instant en touche en mettant en avant la concertation préalable sur le travail des seniors qui va bientôt démarrer.

D’autres sujets pourraient davantage faire consensus, comme la modification de plusieurs dispositifs existants de reconversion professionnelle, comme les congés de mobilité et les congés de reclassement, afin de faciliter le passage d’un secteur touché par la crise à un secteur en tension.