Consommation : La moitié des arnaques se passent en ligne

ARGENT Le téléphone et les SMS arrivent en deuxième place

J.P. pour 20 Minutes

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IStock / City Presse

Le Web est devenu le terrain de chasse privilégié des délinquants. Les alertes régulières d' arnaques émises par les institutions et autres acteurs officiels s’en font l’écho. À travers une note dédiée à la question et publiée en septembre 2020, l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) permet toutefois de dépasser le simple ressenti pour dresser un constat chiffré.

D’après ce rapport, sur environ 1,7 million de victimes d’une escroquerie en 2017 et quelque 1,2 million en 2018, 51 % des personnes ont eu un premier contact avec l’auteur via Internet, dont la majorité directement à travers des plateformes web, tandis que 6 % ont été approchées par courrier électronique. Notons que le téléphone et les SMS arrivent en seconde place des supports utilisés par les délinquants (21 %), loin devant les tromperies en magasin ou à domicile.

Des achats piégés

Si les malfaiteurs ne manquent jamais d’imagination, 75 % des arnaques concernent l’achat d’un produit ou d’un service. Commandé le plus souvent en réponse à une annonce passée par une soi-disant entreprise française, le bien de consommation, d’équipement ou culturel n’est généralement jamais livré (50 % des cas). Et lorsqu’il parvient à destination, il ne correspond pas à ce qui était prévu (14 %) ou coûte plus cher que ce qui était annoncé (10 %).

Le dommage financier pour la victime reste heureusement mesuré puisque, dans presque 7 cas sur 10, la somme déboursée s’élève à moins de 100 euros. Ceci dit, certaines versent jusqu’à 500 euros au cours de leur mésaventure… Or, les possibilités de dédommagement sont maigres. Seules 16 % des victimes obtiennent un remboursement total ou partiel de l’auteur de l’arnaque, tandis que 26 % sont indemnisées par leur banque​ ou leur assurance.

En définitive, le nœud du problème est le fait que les responsables d’arnaques en ligne restent le plus souvent impunis. Sur le peu de personnes qui ont porté plainte (7 %) ou déposé une main courante (2 %) en 2017 et 2018, l’écrasante majorité n’a en effet obtenu aucun résultat (83 % des cas sans suite).