Coronavirus en Moselle : Comment une entreprise a pulvérisé la crise avec ses aérosols

SORTIS DE CRISE Le coronavirus et les mesures prises pour enrayer l’impact de l’épidémie ont fortement affecté l’économie française. Des artisans ou des entreprises ont réussi à s’en sortir comme Elysée Cosmétiques à Forbach, spécialisé dans les aérosols d’hygiène du corps et de produits de beauté

Gilles Varela

— 

Un gel hydroalcoolique en aérosol de la société Elysée Cosmétiques.
Un gel hydroalcoolique en aérosol de la société Elysée Cosmétiques. — Elysée Cosmétiques
  • La crise sanitaire du Covid-19 a touché de nombreux secteurs de l’économie française. 20 Minutes vous présente des entreprises et des artisans qui malgré le confinement et les difficultés liées à l’épidémie ont vu leur activité se développer voire exploser.
  • C’est le cas de l’usine Elysée Cosmétiques à Forbach, leader européen de la fabrication et du remplissage d’aérosols cosmétiques.
  • Fort de son expérience depuis 25 ans, fortement implantée en Asie, notamment en Chine, elle a pu anticiper depuis la Lorraine la crise sanitaire et s’est préparée avant tout le monde.

Voilà 25 ans que l’entreprise Elysée Cosmétiques à Forbach ( Moselle) fabrique des aérosols d’hygiène pour le corps et de cosmétiques. Des produits qu’elle conçoit et diffuse partout en France, notamment sous des marques de la grande et moyenne distribution, mais pas seulement. Elle compte en effet de gros clients en Allemagne et surtout, sur l’ensemble du continent asiatique où elle est fortement implantée, particulièrement en Chine où elle dispose de distributeurs exclusifs. Alors la crise du coronavirus, elle l’a vu venir tôt et cela lui a permis de s’en sortir.

Dès novembre décembre 2019, des remontées de terrain depuis la Chine font craindre le pire. Passé le temps des inquiétudes, Elysée Cosmétiques, qui compte entre 250 et 300 salariés selon l’activité et fabrique 100 millions d’aérosols chaque année, s’est préparée, adaptée à la crise sanitaire. Psychologiquement mais aussi structurellement en décidant de réorienter une partie de sa production. Bilan, le gel hydroalcoolique en aérosol a représenté plus de 30 % de sa fabrication habituelle.

Des masques envoyés de Chine dès janvier

« On avait presque tous les jours des conf call avec notre distributeur en Chine qui nous rapportait la situation, qui disait que tout le pays en parlait, que ça allait arriver en France », explique Ramdane Mansoura, le PDG de l’entreprise forbachoise. « On a eu un petit peu de temps pour réfléchir à ce que nous devions faire, comment y répondre. Nous n’avons jamais manqué de masques car notre partenaire chinois nous en a envoyés dès janvier, on en a même distribué à des hôpitaux du coin. On était préparé en conséquence. »

L’entreprise s’est alors réorientée dès le début de la pandémie afin de produire du gel hydroalcoolique. Les quantités d’alcool pour en produire ont été augmentées, de nouveau fournisseurs validés. La dizaine de chercheurs du service recherche et développement a travaillé sans relâche : « Nous n’avions pas de produits biocides, mais nous avions des formules d’hygiène antibactérienne. Dès février, nous avons tout de suite commencé à fabriquer ce produit-là. » Sur les treize machines que compte l’entreprise, et qui permettent d’en produire jusqu’à 200 millions d’aérosols par an, quatre ont été dédiées au gel hydroalcoolique en aérosol, les autres continuant à approvisionner les clients habituels.

Entre les mains d’Emmanuel Macron

Mais c’est avec l’arrêté gouvernemental du 13 mars, autorisant temporairement la production des solutions hydroalcooliques sur la base des formules de l’OMS, que l’entreprise s’est révélée. « Dès qu’on a vu ça, étant donné que nos chercheurs travaillaient jour et nuit dessus, on a pu répondre à la demande. Nous avons été les premiers à mettre la formule de l’OMS dans un aérosol, sans gaz. Car comme nous produisons nous-même les boîtiers sur le site de Forbach, nous avons pu réagir très vite. Il nous a fallu seulement trois semaines pour sortir un produit finalisé sous la marque O’lysée, dès le 8 avril. » L’entrepreneur lorrain poursuit :

Pour l’anecdote, l’échantillon dont s’est servi le président Emmanuel Macron lors des cérémonies du 8 mai, que tout le monde à vu à la télé, vient de chez nous. Nous l’avons depuis récupéré et il est exposé. »

« Nous avons travaillé tous les samedis, les jours fériés, nous étions tous fiers de participer à cette lutte contre la pandémie. Cela a même permis de vaincre la peur de venir travailler et d’avoir un personnel rassuré », raconte Ramdane Mansoura. Prévenu « très tôt », l’entreprise a rapidement mis en place un protocole sanitaire, des référents sanitaires par poste, distribué des masques, etc. Au premier jour du confinement, tout était prêt. « Avec le recul, si on avait continué à faire des déodorants et des laques pour les cheveux pendant le confinement, ça aurait été difficile. »

Aujourd’hui, Elysée Cosmétique écoule ses stocks avec la formule biocide OMS. Elle produit avec sa propre formule dans ses aérosols. Elle compte même élargir sa gamme de produits, comme des lingettes virucides.