Strasbourg : Des jeunes entrepreneurs lancent un « jean 80 % alsacien, 100 % français »

INITIATIVE « On aurait aimé que tout soit fait dans notre région mais ce n’était pas possible », explique la co-fondatrice de la jeune marque

Thibaut Gagnepain

— 

Kavi Satch et Sofiane Rahmani avec leur jean intitulé
Kavi Satch et Sofiane Rahmani avec leur jean intitulé — T. Gagnrpain / 20 Minutes
  • Deux jeunes entrepreneurs alsaciens, amis d’enfance, ont lancé une marque de textile, Sobo.
  • Le duo tient à proposer des produits écoresponsables. Après les polos et t-shirts l’an dernier, ce sont des jeans qui ont été créés. Avec une démarche la plus locale possible pour un « jean 80 % alsacien, 100 % français ».
  • De toutes les étapes de production, seule une est réalisée hors Alsace : la conception, dans des ateliers à côté de Lyon.

Une petite cigogne stylisée. Pour une marque qui se revendique alsacienne, ça ne pouvait presque être que ça. « Le logo n’est pas sur les photos actuelles des jeans mais il y sera bien à la livraison », s’amuse Sofiane Rahmani.

C’est lui qui a lancé en juillet 2019 "Sobo", « le diminutif de mon prénom avec le côté bio. C’est court et facile à retenir », détaille ce graphiste de formation, « passionné de mode ». Il a été rejoint par une amie d’enfance, Kavi Satch. « On s’est connu au collège », précise l’ancienne commerciale. « Moi je me destinais à créer des vêtements mais j’ai eu une vraie prise de conscience sur notre manière de consommer. »

Le duo tenait à créer des produits les plus écoresponsable possibles. « L’an dernier, on a vendu des polos et t-shirts 100 % végétal, avec du coton bio », reprend le cofondateur avant de l’avouer : « On les a moyennement vendus… Mais ça nous a permis de prendre du recul et de trouver un nouveau projet. »

Il mène à un « jean 80 % alsacien, 100 % français ». « On aurait aimé que tout soit fait dans notre région mais ce n’était pas possible car il n’y a pas d’atelier de confection de jean ici. Il est à côté de Lyon », explique la jeune maman de 33 ans. « Mais on peut dire que tous les lieux de production se tiennent en 4h de vol de cigogne », soit près de 500 km entre le bureau d’études d’Illkirch-Graffenstaden, à côté de Strasbourg, et le lieu de production, Decines-Charpieu.

Entre ces deux étapes, le tissu est tissé et traité à Saint-Amarin, dans le Haut-Rhin. « Nous, contrairement à la plupart des marques, nous n’utilisons pas que du coton, précise Sofiane Rahmani. Déjà, il est bio mais il y a aussi une fibre artificielle et 100 % biodégradable, le lyocell. Tout ça donne plus de couleur, d’élasticité, de confort finalement. Et la teinture est réalisée avec des colorants bien plus respectueux de l' environnement. »

« C’est un jean responsable »

C’est justement sur cet argument qu’insiste le duo : « En comparaison des jeans qui peuvent parcourir jusqu’à 65.000 km avant d’arriver chez vous, le nôtre est bien moins polluant. C’est un jean responsable. » A une seule teinte pour le moment, un bleu passe-partout. « On verra pour d’autres couleurs plus tard, en fonction des ventes », prévoient les entrepreneurs, qui ont lancé en début de semaine leur campagne de précommande sur la plate-forme participative Ulule. Ce mercredi midi, elle avait atteint 119 % de son objectif, soit 119 produits achetés.

« On espère bien en vendre 200, 300, 500 », lance Sofiane Rahmani, qui réfute l’idée d’un jean cher. « On l’a lancé à 89 euros et après, il sera disponible en ligne et dans certaines boutiques en France à 129 euros. Pour du made in France, on est dans les prix moyens. » Les premiers arrivages de petites cigognes sont prévus en novembre.