Pays-de-la-Loire : « Il faut se parler »… La filière pêche de la région se structure en association

NOUVEAUTE L’association interprofessionnelle Loire Océan Filière Pêche (LOFP) a été officiellement créée mercredi à Nantes

David Phelippeau

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Des pêcheurs en mer.
Des pêcheurs en mer. — Comité Régional des Pêches
  • Tous les acteurs de la filière pêche de la région Pays-de-la-Loire ont décidé de se réunir en association interprofessionnelle.
  • L’objectif est de faciliter les échanges entre les différents collèges de la filière.
  • Une association innovante au niveau national dans cette filière.

« Si on veut continuer à exister, il faut savoir partager et se parler. Pendant la crise sanitaire, on s’est vraiment rendu compte qu’on a besoin les uns des autres. » C’est comme ça que José Jouneau, président du Comité régional des pêches des Pays-de-la-Loire et marin-pêcheur à la retraite, justifie la création de l’ association interprofessionnelle Loire Océan, qui a vu le jour officiellement mercredi au Conseil régional de la région. Une première en France, à entendre ses fondateurs, au niveau d’une filière qui pèse dans la région un peu plus de 110 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel.

Cette association, dotée d’un budget de 200.000 euros, réunit cinq collèges qui représentent les différents acteurs de la filière: producteurs, mareyeurs, halles à marée et logistique, poissonnerie, transformation et distribution, et évidemment des institutionnels.

Le Covid a accéléré la création de l'asso

Objectif principal de ce regroupement ? Faciliter les échanges entre les différents acteurs de la pêche pour anticiper les apports, mieux approvisionner les circuits de distribution régionaux et nationaux avec des produits de la mer frais, français et de saison, et bien faire correspondre l’offre et la demande. « Cette association a été créée car les pêcheurs, les mareyeurs, les distributeurs etc. ne savent pas se parler, résume Diane Sabourault, mareyeuse aux Sables d’Olonne. C’est toujours la guerre quand on se rencontre car tout le monde défend sa paroisse. Le Covid en a précipité la création et on a enfin réussi à se parler. Si, par exemple, ils avaient débarqué 20 tonnes de merlus alors que le marché ne pouvait en absorber que 10 tonnes, on aurait jeté du poisson à la poubelle et les pêcheurs n’auraient pas été contents. Dans la région, on a su être en relation pour adapter les quantités à pêcher. »

José Jouneau confirme : « On s’est beaucoup réunis et appelés pour mettre en adéquation l’offre et la demande de poisson, ce qui nous a permis de ne pas trop avoir de pertes… » Ce qui n’a manifestement pas été le cas chez les voisins de Bretagne.

« On revendique la pêche artisanale française ! »

Avec néanmoins une perte de 5 millions d’euros pour les producteurs sur la période du confinement et de 7 millions d’euros pour l’ensemble de la filière, les membres de Loire Océan Filière Pêche estiment que sans leur structuration, l’impact financier aurait été encore plus important.

L’association compte aussi évidemment valoriser les circuits courts et les ressources halieutiques régionales (merlu, sole, bar, crevette rose, langoustine etc.). « On revendique la pêche artisanale française ! », lance José Jouneau.

Enfin, d’autres défis s’offrent à l’association, notamment la perspective d’un Brexit « dur » [interdiction pour les pêcheurs français d’aller dans les eaux britanniques] qui risque de déplacer des bateaux de pêche de la Manche vers le Golfe de Gascogne et créer des conflits de zones de pêche.