Brittany Ferries : « Un enjeu de souveraineté nationale », selon le président de la région Bretagne

TRANSPORTS La région Bretagne débloquera jeudi une première enveloppe de 30 millions d’euros pour tenter de sauver la compagnie maritime

Jérôme Gicquel

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Illustration d'un bateau de la Brittany Ferries.
Illustration d'un bateau de la Brittany Ferries. — Fred Tanneau / AFP
  • Les élus du conseil régional de Bretagne doivent voter jeudi une aide financière de 30 millions d’euros en faveur de la Brittany Ferries.
  • La compagnie maritime traverse actuellement des heures sombres, plombée par la crise sanitaire.
  • De nombreuses lignes entre la France et l’Angleterre ont été fermées jusqu’à nouvel ordre par la direction de Brittany Ferries.

Tout faire pour éviter le naufrage. En Bretagne et en Normandie, les élus sont mobilisés depuis plusieurs semaines pour tenter de maintenir la Brittany Ferries à flot. Plombée par la crise sanitaire, la compagnie maritime, basée à Roscoff (Finistère), traverse une période trouble. La situation a même viré à la catastrophe depuis la mi-août avec la quatorzaine imposée par les autorités britanniques aux voyageurs débarquant sur son sol. Avec seulement 200.000 voyageurs transportés cet été, contre 780.000 il y a un an, la Brittany Ferries a ainsi été contrainte de fermer de nombreuses lignes entre la France et l’Angleterre et de mettre une partie de son personnel naviguant au chômage partiel.

Pour l’aider à « passer ce cap extrêmement difficile », le gouvernement s’est engagé le 15 septembre à débloquer quinze millions d’euros pour la compagnie maritime. « Un premier pas » salué par Loïg Chesnais-Girard et Hervé Morin, présidents des régions Bretagne et Normandie, mais qui ne suffira pas. « L’enjeu est clairement le sauvetage de Britanny Ferries par des mesures fortes, inscrites dans la durée, à la hauteur d’une situation exceptionnellement difficile », avaient-ils réagi dans un communiqué. Les deux régions avaient annoncé dans la foulée leur participation à un plan de sauvetage à hauteur de 85 millions.

« Tout faire pour sauver notre pavillon »

Une première aide de 30 millions d’euros sera d’ailleurs votée ce jeudi à Rennes à l’occasion de la session du Conseil régional de Bretagne avec quinze millions qui seront disponibles « tout de suite », a précisé ce lundi Loïg Chesnais-Girard. L’enveloppe devrait notamment permettre à la compagnie maritime de différer certains loyers pour les bateaux qui appartiennent à la région. « Il faut tout faire pour sauver notre pavillon », a assuré le président de la région Bretagne, refusant que les liaisons Transmanche soient assurées à l’avenir par des ferries battant pavillon dans des pays exotiques. « C’est un enjeu de souveraineté que de garder un pavillon national », a-t-il indiqué.

En contrepartie de cette aide financière, la région Bretagne attend également des engagements de la part de la Brittany Ferries, et notamment le maintien de ses activités à Roscoff et Saint-Malo. « Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de suppressions de lignes et d’emplois mais on sera très attentif à ce qui se passe sur ces deux sites », a souligné Loïg Chesnais-Girard, sans se faire trop d’illusions. « S’il n’y a pas des clients, c’est dur de demander de garder tout le monde ».