Coronavirus : Face à la crise, les auto-entrepreneurs demandent plus d’aides financières

SOLIDARITE Ils réclament un « coup de pouce » pour ceux qui ont perdu une grande partie de leur chiffre d’affaires, ou qui n’ont pas accès au fonds de solidarité mis en place par le gouvernement

20 Minutes avec AFP
— 
Une femme sur son ordinateur.
Une femme sur son ordinateur. — RAPHAEL BLOCH/SIPA

Les organisations d’auto-entrepreneurs jugent insuffisant l’élargissement du fonds de solidarité et mettent en garde contre une situation alarmante en pleine crise économique, ont expliqué ce vendredi leurs représentants à l’AFP.

Le gouvernement a annoncé mardi qu’une trentaine de nouvelles professions allait bénéficier du fonds de solidarité jusqu’à 10.000 euros, en plus de celles des secteurs du tourisme, de la culture, du sport, de l’événementiel déjà éligibles. Dans tous ces métiers, pourront y prétendre ceux dont l’activité est fermée ou qui ont une baisse de chiffre d’affaires d’au moins 70 %.

Des aides pour repartir

« Le problème, c’est pour ceux qui ne font que 40 % à 50 % de leur chiffre d’affaires. Il faut leur donner un petit coup de pouce pour redémarrer », estime le président de l’Union des auto-entrepreneurs (UAE) François Hurel.

Il propose une aide de 500 euros pour tous les auto-entrepreneurs dont c’est l’activité exclusive, soit 450.000 sur 1,6 million, pour éviter qu’il y en ait « un gros paquet qui aille au tapis dans les trois mois ».

Misant comme François Hurel sur la reprise de l’activité, Grégoire Leclerq, le président de la Fédération nationale des auto-entrepreneurs (FNAE), demande de son côté une aide dégressive de 1.500 euros en octobre, 1.000 en novembre et 500 en décembre, tous secteurs confondus, à condition d’avoir une baisse de chiffre d’affaires de 50 %. Une proposition qu’il a chiffrée à un coût de 300 à 400 millions d’euros pour l’Etat.

Moins de la moitié de leurs revenus

Plus de la moitié des auto-entrepreneurs qui ne sont pas en même temps salariés ou retraités n’ont pas perçu le fonds de solidarité en septembre et « 67 % sont en dessous de la barre des 50 % de chiffre d’affaires habituel », selon une enquête réalisée par la FNAE mardi et mercredi à laquelle ont répondu plus de 4.000 adhérents.



« La situation est alarmante, les auto-entrepreneurs sont en sursis, voire en péril de mort », estime Grégoire Leclercq. Dans les secteurs exclus, « on a des populations qui n’ont pas des gros revenus et qui sont très durement touchées », s’inquiète aussi Hind Elidrissi, co-fondatrice du syndicat Independants.co, qui revendique 6.000 adhérents dont une moitié d’auto-entrepreneurs.

Il faut « les empêcher d’aller au RSA », et si aujourd’hui beaucoup ont encore un peu de trésorerie, si ça dure « on pourra se retrouver avec les gilets jaunes des indépendants », met-elle en garde.