La CFTC rejoint le front du refus

Luc Lemaire (avec AFP)

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Finalement, c'est non. Après la CGT et FO, c'était hier au tour de la CFTC de refuser de signer l'accord sur l'assurance-chômage conclu à la veille de Noël entre le patronat et les syndicats. Seule la CFDT a, pour l'instant, acceptéd'apposer sa signature. La CFE-CGC se prononcera le 20 janvier. L'accord devrait de toute façon s'appliquer, puisque le paraphe d'un seul syndicat suffit.

Le texte prévoit l'indemnisation de salariés précaires n'ayant cotisé que quatre mois au cours des vingt-huit derniers mois (au lieu de six jusqu'à maintenant). Mais pour la CFTC, la portée de cette mesure est « fortement réduite » par une autre disposition qui prévoit qu'en cas de nouvelle inscription dans un délai rapproché, la durée de cotisation soit de six mois dans les douze derniers mois.

« C'est la première fois de son histoire que la CFTC ne signe pas la convention d'assurance-chômage », qui fixe les règles d'indemnisation des demandeurs d'emploi et le taux des cotisations, a indiqué à l'AFP l'un des membres du bureau confédéral, Gabrielle Simon, qui avait négocié le projet d'accord avec le patronat, au nom du syndicat. Selon elle, l'accord « n'est pas à la hauteur de la crise » - compte tenu de l'envolée du chômage et « du développement des emplois atypiques », c'est-à-dire précaires -, et est donc « insuffisant ».

En revanche, la centrale chrétienne signera la convention de reclassement personnalisé, qui améliore la prise en charge des salariés licenciés économiques. La CFTC donnera également son feu vert à l'accord sur la formation professionnelle négocié la semaine dernière par les partenaires sociaux, dans la mesure où il garantit « l'accès à la formation des salariés et demandeurs d'emploi qui en sont les plus éloignés ». ■