Coronavirus : Le taux de chômage devrait grimper à 9,7% fin 2020, 1,6 point de plus que l'an dernier

EMPLOI Les suppressions d’emploi, qui ont été massives au premier semestre, doivent légèrement augmenter avant la fin de l’année, pour atteindre 840.000 emplois

20 Minutes avec AFP

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Certains secteurs ont particulièrement souffert, comme l'hôtellerie-restauration.
Certains secteurs ont particulièrement souffert, comme l'hôtellerie-restauration. — NICOLAS TUCAT / AFP

Plus d’1,6 point de chômage en plus en 2020, conséquence du confinement lié à la crise sanitaire. Selon l'Insee, qui a publié une nouvelle conjoncture ce mardi, le taux de chômage en France doit grimper à 9,7 % de la population active en fin d’année.

Malgré la baisse de l’emploi, le taux de chômage avait paradoxalement reculé au premier semestre (à 7,1 %). En effet, pendant le confinement, un grand nombre de personnes sans emploi avaient interrompu leurs recherches, conduisant à une baisse du nombre de chômeurs. Mais cet effet, spécifique au confinement, s’estompera en grande partie au second semestre avec un taux de chômage prévu à 9 % au troisième trimestre puis à 9,7 % fin 2020. En septembre, l’Insee tablait sur un taux « autour de 9,5 % ».

Une tendance ralentie par le chômage partiel

Cette hausse est la conséquence des suppressions d'emploi massives intervenues au premier semestre (715.000 emplois salariés), qui doivent augmenter très légèrement au second semestre pour atteindre 730.000 emplois salariés et 840.000 emplois au total.

Ce net recul de l’emploi (de l’ordre de -3 % en moyenne annuelle) serait cependant beaucoup moins marqué que celui du PIB (-9 %), « du fait tout à la fois du dispositif d’activité partielle, ponctuel ou de plus longue durée, mais aussi d’un phénomène de rétention de main-d’œuvre de la part de certaines entreprises qui conserveraient à ce stade une grande partie de leurs effectifs malgré la contraction de leur activité », selon l’Insee.

Des secteurs très affectés par la crise

Près d’un tiers des pertes d’emploi au premier semestre s’est concentré dans les secteurs durablement impactés (transport de voyageurs, aéronautique, hébergement-restauration, activités culturelles et sportives) alors même qu’ils ne représentent que 13 % de l’emploi salarié.

Au second semestre, la quasi-stabilité de l’emploi salarié est la conséquence de deux effets opposés : « d’une part le rebond de l’activité et la reprise des embauches dans certains secteurs (industrie hors matériels de transport, construction, commerce, services aux entreprises et services non marchands) dynamiseraient l’emploi ; d’autre part les effectifs continueraient de se réduire dans les secteurs affectés durablement par la crise (transports et services aux ménages) ». Dans l’hébergement-restauration, « après un léger rebond à l’été, l’activité resterait durablement dégradée ».

Enfin, l’effet du plan de relance en faveur de l’emploi des jeunes mis en œuvre à partir de juillet (prime à l’embauche pour les salariés de moins de 26 ans, les contrats d’apprentissage et les contrats de professionnalisation) serait selon l’Insee « relativement limité » d’ici la fin de l’année, empêchant toutefois « que le niveau de l’emploi ne se dégrade davantage ».