Comment gérer un sinistre avec votre auto ?

ARGENT Si l’assurance tous risques permet de prendre en charge les dommages matériels causés à votre véhicule, elle est loin d’être illimitée

Julie Polizzi pour 20 Minutes

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Lors d'un grave sinistre, un expert va évaluer si le montant des réparations n'excède pas la valeur de votre voiture.
Lors d'un grave sinistre, un expert va évaluer si le montant des réparations n'excède pas la valeur de votre voiture. — IStock / City Presse

Accident de la circulation, vandalisme ou encore averse de grêle, d’innombrables circonstances qui ne sont pas forcément de votre fait peuvent endommager votre voiture.

Dès lors qu’elle est récente, il est vivement recommandé de l'assurer avec un contrat « tous risques », seul à même d’indemniser vos dégâts matériels. Mais attention, cette protection comporte une limite de taille.

Une question de valeur

Il existe un principe en matière d’assurance automobile, comme l’explique Alexis Merkling, du pôle assurances de dommages et de responsabilités à la Fédération française de l'assurance (FFA) : « L’indemnité est plafonnée au prix que vaut votre véhicule au jour de l’accident ». Toute la problématique consiste alors à déterminer ce montant pour déterminer ensuite l’avenir de l’auto endommagée.

Le plus souvent, c’est la « valeur vénale ou économique » qui est prise en compte. Pour ce faire, l’expert va se baser sur la cote Argus – une référence en matière de transaction automobile – et affiner l’évaluation en examinant la voiture comme si elle n’avait pas eu de sinistre. Kilométrage, entretien général, carnet de révisions et bon contrôle technique sont autant d’éléments qui peuvent influer à la hausse ou à la baisse sur cette estimation. L’idée est d’approcher au maximum le prix auquel le véhicule aurait pu être vendu sur le marché de l’occasion juste avant l’accident. Précisons que certains contrats proposent la « valeur de remplacement » (ici le prix correspond à celui d’un véhicule d’occasion de même type et dans un état semblable) ou, pendant une certaine durée (les douze premiers mois par exemple), la « valeur à neuf » et permettent donc une meilleure valorisation du véhicule.

Rouler malgré tout

Après un sinistre, le premier réflexe est d’appeler votre assureur dans les cinq jours ouvrés. Il mandatera un expert chargé de déterminer le montant des réparations à effectuer, tout en évaluant la fameuse valeur de votre auto. La remise en état rentre dans les clous ? Vous n’aurez que la franchise à régler au garagiste, avant de repartir au volant de votre véhicule une fois celui-ci réparé. Mais que se passe-t-il lorsque le véhicule est « économiquement irréparable », autrement dit lorsque le devis excède sa valeur ? Tout dépend de son état.

Il arrive que les dommages soient particulièrement onéreux à réparer mais qu’ils restent d’ordre esthétique, sans impacter la mécanique et la sécurité de l’auto. « L’assureur va alors proposer au propriétaire de racheter son véhicule, à la valeur estimée, et le mettra à la casse, nous précise Alexis Merkling. Mais si l’assuré préfère le conserver, la compagnie d’assurances lui versera une indemnisation et devra déclarer cette opération dans le système d’immatriculation des véhicules, ce qui a pour effet d’en interdire la revente à des particuliers. » Dans ce cas, l'automobiliste pourra donc continuer de rouler mais ne pourra plus jamais revendre sa voiture, excepté à un professionnel afin qu’il utilise ses pièces. La valeur épave pourra d’ailleurs être déduite du dédommagement octroyé au conducteur. Imaginons que la valeur vénale soit de 2.000 euros et qu’on puisse en tirer 500 en tant qu’épave. L’assureur versera donc 1.500 euros.
En revanche, si le véhicule est trop gravement endommagé pour circuler, son propriétaire n’aura pas le choix : l’assureur le lui rachètera et le mettra à la casse.

Choisir son réparateur

Lors d’un sinistre automobile, votre assureur va vous proposer une liste de garagistes agréés près de chez vous. Il s’agit de professionnels qui ont signé un partenariat avec la compagnie. En principe, cela vous assure une prise en charge plus rapide et simplifiée puisque vous n’aurez aucune avance de frais à faire, seulement la franchise à régler. Si vous n’êtes pas satisfait des réparations, vous pourrez en outre en référer à votre assureur.
Toutefois, la loi impose un libre choix du garagiste. Si vous le souhaitez, vous pouvez donc vous adresser à votre garage habituel. Mais attention à demander un devis préalable puisqu’il peut y avoir une différence entre son évaluation du montant des réparations et celle de l’expert.