PSE chez Airbus : FO ne signera pas d’accord si seuls les salariés de la production paient le prix fort

SOCIAL Le syndicat majoritaire de l’avionneur européen met en garde contre un plan social à deux vitesses où la production serait la plus impactée

20 Minutes avec AFP

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Lors d'une manifestation des salariés contre le plan de réductions des effectifs dans le cadre de la crise sanitaire.
Lors d'une manifestation des salariés contre le plan de réductions des effectifs dans le cadre de la crise sanitaire. — B. Colin / 20 Minutes

Pas question pour le syndicat majoritaire d'Airbus qu’il y ait deux poids deux mesures dans le prochain plan de réductions des effectifs. Ce jeudi, alors que les négociations sont en cours depuis plusieurs semaines, les représentants de FO ont prévenu qu’ils « ne signeraient ni accord sur l’activité partielle de longue durée (APLD), ni plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) », si la direction du constructeur aéronautique en difficulté « fabrique un groupe à deux vitesses ».

Avec « des contraintes sur les salaires et les conditions de travail pour les salariés de la production », tandis que « les salariés des fonctions support et de l’ingénierie ne subissent rien du tout », a contesté Jean-François Knepper, délégué syndical central FO, à l’issue d’une réunion à Bercy. Il a rappelé au passage que si son syndicat ne signe pas « il n’y aura pas d’accord ».

Frappé par la chute du trafic aérien, touché de plein fouet par la crise du coronavirus, Airbus a annoncé en juin un plan de restructuration prévoyant la suppression de 15.000 postes dans le monde, dont 5.000 en France et 3.500 à Toulouse. A plusieurs reprises depuis, le directeur exécutif de l’avionneur européen, Guillaume Faury, a indiqué qu’il est « peu probable que les départs volontaires suffiront » pour atteindre cet objectif.

« Zéro départ contraint »

Les syndicats y sont formellement opposés. « La ligne rouge, c’est zéro départ contraint », a rappelé Jean-François Knepper. « C’est possible en s’appuyant sur tous les dispositifs. Il faut ouvrir l’APLD à l’ensemble des salariés et on veut que l’effort soit équitablement partagé entre tous les salariés », a-t-il rappelé à la sortie de sa réunion avec des membres du cabinet de la ministre déléguée chargée de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher. Il a « senti un ministère mobilisé derrière (ses) préoccupations. C’est essentiel et important ». Surtout quand « l’État possède 11 % d’Airbus ».

« Le message qu’on adresse au gouvernement, c’est qu’il faut ramener tout le monde à la raison. S’il faut faire des efforts, les employeurs aussi doivent en faire. Notre problème n’est pas un problème de compétitivité. Il faut surmonter cette crise, mais ne pas rajouter une crise sociale à la crise sanitaire et économique », a-t-il déclaré.

Outre « la mise en place la plus large possible » de l’APLD, afin de « réduire le nombre d’emplois supprimés », il faut « trouver le maximum de solutions » pour permettre les départs volontaires, « notamment par la mise en place d’un dispositif de cessation anticipée d’activité le plus long et le plus efficace possible », précise FO dans un communiqué.