5G : L’Etat empoche 2,786 milliards d’euros aux enchères, Orange rafle la mise

TELECOMS Ces enchères, qui avaient été repoussées à cause de l’épidémie de coronavirus, ont débuté mardi

20 Minutes avec AFP

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Illustration du futur réseau 5G.
Illustration du futur réseau 5G. — AFP

L’Etat espérait encaisser 2,17 milliards d’euros au minimum au terme de ces enchères 5G. Pari gagné : la mise aux enchères des premières fréquences 5G destinée aux opérateurs français a rapporté la somme totale de 2,786 milliards d’euros aux caisses publiques, Orange obtenant la plus grande part des « blocs » en jeu, a annoncé ce jeudi l’Arcep, le régulateur des télécoms.

Ces enchères, repoussées à cause du coronavirus, ont débuté mardi à 09 h 30 et devaient doivent permettre aux opérateurs (Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free) d’acquérir 11 « blocs » de fréquences aujourd’hui inutilisés. Elles ouvrent la voie aux premières commercialisations de services 5G dans certaines villes à la fin de l’année.

La deuxième partie des enchères en octobre

Avant ces enchères, les quatre opérateurs avaient déjà obtenu chacun un bloc de 50 mégahertz (MHz) dans la bande de fréquences allant de 3,4 à 3,8 gigahertz (GHz) sur le spectre électromagnétique, au prix fixe de 350 millions d’euros. Un opérateur ne pouvait pas acquérir plus de 100 MHz. C’est Orange qui a remporté la majeure part des fréquences en jeu avec quatre « blocs » : au total, le groupe dispose de 90 MHz, contre 80 MHz pour SFR, et 70 MHz chacun pour Bouygues Telecom et Free.

Cette enchère principale sera suivie d’une enchère de positionnement « courant octobre » permettant aux opérateurs de choisir s’ils préfèrent se situer au centre de la bande ou à ses extrémités, plus susceptibles d’interférences avec d’autres services.

Succès pour les uns, hostilité pour les autres

« Ce sont des enchères fructueuses. Il faut saluer un engagement très fort des quatre opérateurs qui confirment leur volonté d’investir fortement en France. Il faut le saluer », a déclaré Sébastien Soriano, président de l’Arcep, lors d’un point-presse organisé pour l’occasion au siège d’Ericsson France, à Massy (Essonne). « C’est un chiffre important », s’est félicité Cédric O, secrétaire d’État au numérique, également présent à Ericsson France à Massy, l’un des principaux équipementiers télécoms mondiaux, pour l’annonce du résultat.

La 5G suscite toutefois l’hostilité d’une partie de l’opinion, de responsables politiques et d’ONG, qui remettent en question l’intérêt de cette nouvelle technologie, en invoquant des risques pour la santé ou l’environnement. Au point d’avoir suscité un débat enflammé au sein de la classe politique depuis l’appel à un moratoire de l’attribution des fréquences par près de 70 élus de gauche et écologistes mi-septembre, et la réponse cinglante d’Emmanuel Macron qui avait ironisé sur « le modèle Amish » préféré par les adversaires de la 5G.

Une technologie déjà lancée dans 30 pays

« Après un certain nombre d’échanges dans la société », le président de l’Arcep a lancé un « appel au dialogue », affirmant vouloir travailler « main dans la main » avec les élus pour développer le réseau 5G sur tout le territoire. « La 5G est une technologie importante dans le cadre de la stratégie de relance » du gouvernement, a martelé Cédric O, rappelant le retard de la France dans le déploiement de la nouvelle génération de réseau mobile, déjà lancée dans « 30 pays dans le monde », notamment par les grands voisins européens de la France (Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Espagne).

La première génération de téléphonie mobile permettait de passer des appels, la 2G d’y ajouter du texte, la 3G de commencer à envoyer des images et la 4G de développer l’internet mobile et les usages vidéo. A terme, la 5G doit offrir des débits plus importants et connecter tout ce qui ne peut l’être actuellement.