Bordeaux : Placéco, le nouveau média « optimiste » fait par et pour les chefs d’entreprise

MEDIA Une nouvelle plateforme Internet, dont le modèle se situe à mi-chemin entre le média et le club d’affaires, se lance en cette rentrée à Bordeaux

Mickaël Bosredon

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Yann Buanec, lors de la soirée de lancement de Placéco, début septembre
Yann Buanec, lors de la soirée de lancement de Placéco, début septembre — Placéco
  • Fondateur de Placéco, Yann Buanec a été pendant dix ans rédacteur en chef du Journal des Entreprises en Gironde.
  • Il embarque avec lui sept patrons très impliqués dans l’écosystème girondin, pour son projet de pureplayer consacré à la vie des entreprises.
  • Le modèle économique repose sur les abonnements des adhérents, et sur la vente de services aux chefs d’entreprise.

Lancer un nouveau média est déjà, d’ordinaire, une affaire périlleuse. Mais alors en pleine crise de Covid-19… Pourtant, Yann Buanec ne se montre pas le moins du monde inquiet, alors qu’il arrive en cette rentrée sur le marché avec son nouveau pureplayer, Placéco.

Cette plateforme internet qui traitera presque exclusivement de l’actualité économique de l'écosystème girondin, et notamment des problématiques des chefs d’entreprise, se présente comme à mi-chemin entre le média et le club d’affaires.

Deux journalistes en CDI s’occupent de la partie rédactionnelle, avec des articles sur les tendances actuelles, des portraits ou interviews d’entrepreneurs… Et deux commerciaux sont chargés de faire prospérer la partie servicielle, comme la rubrique Placéco Affaires (mise en relation des entrepreneurs à la recherche d'un bien ou d'un service) ou Placéco Job (valorisation de la marque, catalogue d'entreprises où il fait bon travailler...) ou webinaires. Le modèle économique repose aussi sur les abonnements des adhérents, proposés actuellement à 365 euros au lieu de 450 euros par an.

« De la place pour créer quelque chose qui n’existe pas ailleurs »

Rédacteur en chef du Journal des Entreprises en Gironde pendant dix ans, Yann Buanec connaît le milieu comme sa poche. « J’ai regardé ce que font les autres médias économiques, j’ai écouté ce que me disaient les chefs d’entreprise, et je me suis dit qu’il y avait la place pour créer quelque chose qui n’existe pas ailleurs, explique-t-il. J’ai donc travaillé à un business model pendant six mois, que je suis allé présenter à des investisseurs, des patrons que j’ai choisis pour leur implication dans l’écosystème local. L’idée est de faire un média par les patrons, pour les patrons, et si nous ne nous interdisons pas de traiter d’un plan social dans une entreprise, nous avons surtout vocation à être un média optimiste. »

Sept chefs d’entreprise, dont certains sont très connus sur la place bordelaise comme Julien Parrou (patron d'ActiPlay), ont accepté de se lancer dans l’aventure, et financé le projet pour un montant que Yann Buanec ne souhaite pas communiquer. Une charte des droits et devoirs a été signée par les sept financeurs, « ce qui garantit à la rédaction son indépendance ».

« Je veux que mes investisseurs fassent complètement partie de l’aventure »

Installé dans une pépinière d’entreprises à Talence, Placéco est un média 100 % digital, « très axé sur la vidéo et l’interactivité ». Il y a aura par exemple « un live interactif tous les mois, dans le bureau d’un grand patron. » « On veut répondre aux problématiques auxquelles se heurtent les patrons aujourd’hui. » Yann Buanec entend aussi « proposer des rendez-vous exclusivement consacrés à nos adhérents » avec l’ambition de fédérer une communauté. L’objectif est d’en avoir « une centaine d’ici à la fin de l’année, ce qui sera je pense largement atteint. »

« Le but est d’être à l’équilibre d’ici à douze mois, annonce Yann Buanec. Ensuite, nous avons vocation à être rentable bien sûr, c’est ce que souhaitent les investisseurs, mais je veux aussi que ceux-ci fassent complètement partie de l’aventure, et qu’ils nous apportent leur expertise dans différents domaines. »

Loin d’être démoralisé par la sinistrose ambiante, le patron de Placéco, est même convaincu qu’il peut faire de la crise actuelle, une opportunité pour attirer des entreprises en recherche de rebond et de nouveaux modèles.