Budget 2021 : Quels sont les perdants et gagnants des ministères ?

FINANCEMENT Le budget des ministères a globalement augmenté, mais certains s’en tirent (bien) mieux que d’autres

J.-L.D. avec AFP

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Deux grands vainqueurs du budget 2021
Deux grands vainqueurs du budget 2021 — Jacques Witt/SIPA

C’est l’heure du budget 2021 pour le gouvernement, et comme chaque année, il y a les bénéficiaires et ceux qui vont devoir plus compter leurs sous. Que nos ministres se rassurent, globalement, les dépenses s’inscrivent en hausse de 3,8 % à 290,1 milliards d’euros. Les grands gagnants étant la Justice, l’Intérieur et les Armées, pour un seul grand perdant en termes d’effectifs : le ministère de l’Economie et des Finances. Ces montants s’entendent en dehors de la mission dédiée au plan de relance, dont les crédits s’élèveront à 22 milliards d’euros en 2021.

Les gagnants

- La Justice voit son budget gagner 600 millions, soit près de 8 % en plus pour atteindre 8,2 milliards. C’est davantage que ce qui était prévu par le document préparatoire publié en juillet, qui faisait état d’une hausse de 5,9 % (soit 450 millions d’euros). Cette augmentation permettra de financer 1.500 postes supplémentaires, après 1.520 créés cette année, ainsi que la justice de proximité promue par le Premier ministre Jean Castex.

- L’Intérieur bénéficie d’une hausse de 200 millions d’euros à 13,9 milliards de la mission « Sécurité ». Dans le cadre du recrutement de 10.000 policiers prévu sur le quinquennat, 1.369 nouveaux postes sont prévus l’an prochain pour le ministère de l’Intérieur, après 1.536 cette année.

- Les crédits de la mission Défense augmentent de nouveau de 1,7 milliard d’euros en 2021, comme en 2020, en ligne avec les engagements pris par l’État dans la loi de programmation militaire. 286 nouveaux postes seront créés. Il s’agit pour l’essentiel de financer de nouveaux programmes d’armements, des investissements dans la défense spatiale ou encore la cybersécurité.

- L’aide publique au développement reçoit 600 millions supplémentaires, sur fond de fragilisation des économies des pays les moins avancés par la crise sanitaire.

- La culture, secteur particulièrement exposé à la crise sanitaire, affiche des crédits en hausse de 200 millions d’euros à 3 milliards. Le ministère de la Culture perd 65 postes.

Situation mitigée

- Le ministère du Travail voit ses crédits augmenter de 400 millions d’euros à 13,2 milliards, tout en perdant près de 500 postes. Le plan d’investissement dans les compétences (PIC) « poursuit sa montée en charge avec un nouvel engagement de 3,3 milliards en 2021 », précise Bercy.

- La mission Écologie, développement et mobilités durables gagne 1,5 milliard d’euros à 19,2 milliards. L’Etat va notamment augmenter son soutien aux énergies renouvelables, qui passe de 5,4 milliards d’euros en 2020 à 6,9 milliards en 2021. Mais le ministère de la Transition écologique perd 947 postes.

- Premier poste du budget de l’Etat, l’enseignement scolaire voit son plafond de dépenses augmenter de 1,6 milliard à 54,9 milliards d’euros. Mais l’Education nationale perd 120 postes. Le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer avait annoncé un « Grenelle des professeurs » pour revaloriser le salaire des enseignants grâce une enveloppe de 400 millions d’euros pour 2021.

- Le ministère de la Cohésion des territoires, qui s’occupe du logement, reste stable en termes d’emplois, et gagne 900 millions d’euros de crédits par rapport à 2020. L’an prochain sera marqué par la réforme des aides au logement qui s’actualiseront « en temps réel », mais cela dégagera finalement moins d’économies étant donné que le nombre de bénéficiaires devrait augmenter.

Les perdants

- Le ministère de l’Economie et des Finances perd 2.163 postes, après 1.959 cette année. Les dépenses pour la gestion des finances publiques restent stables à 7,5 milliards d’euros.

- L’enseignement supérieur et la recherche perdent 200 millions, malgré la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) qui promet d’injecter 25 milliards d’euros dans la recherche publique au cours des dix prochaines années.

- Le secrétariat d’Etat aux Anciens Combattants devra faire avec 100 millions de moins.