Avec l'hiver, EDF se met à tousser

Angeline Benoit

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EDF le reconnaît, le dernier record de la consommation d'électricité - 92 400 mégawatts (MW) à 19 h mercredi - pointe les limites de la production en France. « Il est urgent de relancer les investissements », a indiqué son PDG, Pierre Gadonneix, dans Le Parisien hier. « Il y a dix ou quinze ans, nous disposions de marges très importantes face aux pics. Ces marges se sont réduites », ajoutait-il sur France Inter. La Bretagne et la région Paca risquent même des coupures, car elles produisent très peu et dépendent de lignes à haute tension saturées. Du coup, le gouvernement prévoit d'utiliser une partie des 26 milliards d'euros du plan de relance de l'économie pour sécuriser le réseau et renforcer les capacités de 25 %.

De coûteux investissements qui divisent. En trente ans, la France s'est convertie au nucléaire et au chauffage électrique, qui équipe un tiers des logements, contre 2 % auparavant. La plupart des constructions neuves optent pour ce système. Conséquence, en hiver, une baisse de 1 °C de la température augmente la demande d'environ 2 100 MW, deux fois la puissance consommée par la ville de Marseille. Le nucléaire ne s'adaptant pas aux variations, EDF doit enclencher des centrales au charbon, au fioul et gaz. Du coup, des associations demandent que les 4 milliards d'euros du nucléaire de 3e génération soient consacrés à l'amélioration de l'isolation (qui peut diviser les besoins de chauffage par trois). De son côté, le gestionnaire de lignes à haute tension, RTE, encourage à modérer la consommation entre 17 h et 20 h, au moment où les bureaux et les usines sont encore ouverts, les transports en commun marchent à plein régime et les particuliers arrivent chez eux. ■