Conforama officiellement cédé à Mobilux, maison mère de But

CESSION Mobilux est une structure commune au groupe industriel autrichien Lutz et au fonds américain d’investissement Clayton, Dubilier & Rice (CD & R), et propriétaire de But

20 Minutes avec AFP

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Image d'illustration d'une enseigne Conforama.
Image d'illustration d'une enseigne Conforama. — DENIS CHARLET / AFP

Conforama a été officiellement cédé à Mobilux, maison mère de son concurrent But, ce mercredi, avec la nomination d’un nouveau président, Alain Souillard, annoncée aux salariés dans un courrier.

« Les discussions portant sur la cession de Conforama France à Mobilux se sont poursuivies durant l’été. Je vous annonce qu’elles sont désormais closes », indique dans un courrier interne l’ancien PDG de Conforama Marc Ténart. « L’opération de cession est finalisée et le changement d’actionnaire est donc effectif à compter de ce jour », ajoute-t-il.

Les 162 magasins et l’ensemble des salariés repris

« Ce jour signe une nouvelle étape stratégique pour nous : l’entrée d’un nouvel actionnaire, le groupe Mobilux, à nos côtés », confirme dans une autre note interne le nouveau président, Alain Souillard. « Ce rapprochement permet la constitution d’une alliance entre les deux principaux distributeurs français de meubles en France ». En outre, la transaction « prévoit notamment un apport de 200 millions d’euros en fonds propres pour relancer les programmes d’investissements de Conforama France », a précisé Mobilux dans un communiqué de presse ultérieurement, qui « reprend les 162 magasins de l’enseigne et l’ensemble des salariés ».

La reprise de Conforama au groupe sud-africain Steinhoff avait été annoncée en juillet, après plusieurs semaines de tractations. Steinhoff avait annoncé la cession de « 100 % de ses parts » dans Conforama France à Mobilux, une structure commune au groupe industriel autrichien Lutz, présent dans 15 pays européens, et au fonds américain d’investissement Clayton, Dubilier & Rice (CD & R), et propriétaire de But.

« Concurrencer les géants de notre secteur »

Ensemble, les enseignes But et Conforama ambitionnent de « concurrencer les géants de notre secteur, qu’ils soient distributeurs ou « pure players » », des commerces ayant une activité unique, écrit Alain Souillard. Le rapprochement « permet également de nous penser en champion français capable de soutenir la filière hexagonale du meuble ».

« Mobilux mettra tous les moyens en œuvre pour permettre aux deux enseignes d’être plus fortes face aux réseaux de distribution spécialisés et aux e-commerçants, dans le respect de leurs forces et de leurs identités », a déclaré dans un communiqué Terry Leahy, président des conseils de surveillance de But et de Conforama.

« La casse sociale est-elle vraiment et définitivement terminée ? »

Selon le magazine spécialisé LSA, qui a révélé la cession officielle, « à elles deux, avec leurs quelque 460 magasins et autour de 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, les deux enseignes devancent désormais Ikea avec plus d’un quart du marché du meuble ». A noter que l’Autorité de la concurrence « poursuit son instruction dans le cadre du contrôle des concentrations » sur cette fusion, précise Mobilux.

De son côté, FO, deuxième syndicat chez Conforama, a souligné jeudi qu’il « ne donne aucun chèque en blanc au nouvel actionnaire Mobilux ». Dans un communiqué, le syndicat s’interroge sur la nouvelle stratégie commerciale et l’impact social du rapprochement. Conforama a bénéficié d’un prêt garanti par l’Etat (PGE) de 300 millions d’euros, dont la première tranche a servi à financer un plan de sauvegarde de l’emploi portant sur 1.905 salariés. La deuxième tranche a été débloquée, selon le syndicat qui interroge : « La casse sociale est-elle vraiment et définitivement terminée ? ».