Isère : Réduction « douloureuse » des effectifs, Rossignol va supprimer plus de 90 emplois en France

SKI Le fabricant d'équipements de sports d'hiver espère ainsi faire une économie de 10 à 15 millions d'euros pour s'adapter à l'évolution du marché

C.G. avec AFP

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L'annonce d'une possible cession par Quiksilver de ses marques de matériel sportif, dont Rossignol, Dynastar ou Look, une semaine après celle de l'arrêt programmé de la production des skis Salomon dans les Alpes, hypothèque l'avenir de cette industrie en France.
L'annonce d'une possible cession par Quiksilver de ses marques de matériel sportif, dont Rossignol, Dynastar ou Look, une semaine après celle de l'arrêt programmé de la production des skis Salomon dans les Alpes, hypothèque l'avenir de cette industrie en France. — Fred Dufour AFP
  • Le groupe Rossignol, basé en région Auvergne-Rhône-Alpes, annonce la suppression de 92 emplois en France.
  • Le marché du ski, sur lequel il est positionné, reste tendu.
  • Le CSE évoque « une mort à petit feu ».

Le fabriquant d’équipement de sports d’hiver  Rossignol va supprimer 92 emplois en France pour « redimensionner » son activité industrielle liée au marché du ski et s’adapter à son « évolution profonde ». La nouvelle a été annoncée ce mardi par la direction de l’entreprise elle-même.

Ce projet prévoit de supprimer 61 postes à Sallanches (Haute-Savoie) où est implantée l’usine de fabrication de skis mais aussi 24 postes au siège du groupe basé à Saint-Jean-de-Moirans ( Isère) et de sept postes à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs (Isère), qui accueille la plateforme logistique.

À cette réduction « douloureuse » des effectifs en France, qui devrait intervenir en 2021, sera associée la création de 15 emplois dans le secteur des services développés par le groupe : neuf postes à Sallanches, cinq à Saint-Jean-de-Moirans et un à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs.

Le marché très tendu

« Nous sommes dans une situation de marché très tendue avec une clientèle qui continue de skier mais qui loue davantage », a précisé Bruno Cercley, le président du groupe, pointant des entrées de commandes inférieures de 25 % par rapport à 2019.

« Nous souhaitons protéger notre position sur notre marché principal : le ski. Il est très important que nous mutualisions nos frais pour favoriser un dispositif industriel compétitif. C’est aussi à ce prix que nous pourrons donner un avenir à nos usines en Europe », ajoute-t-il.

Le PDG de Rossignol rappelle que le groupe « continue d’investir chaque année en France pour améliorer sa pratique industrielle », à raison de « 5 millions d’euros », et ajoute qu’il entend faire de l’usine de Sallanches « un centre spécialisé, avec des technologies innovantes ».

Une économie de 10 à 15 millions d’euros

Rossignol a également annoncé lundi aux représentants du personnel « un important programme de réduction des dépenses et de frais fixes » comprenant notamment les déplacements, les salons ou encore « les coûts de fonctionnement en marketing ».

Au total, le projet annoncé par la direction permettra une économie « de 10 à 15 millions d’euros par an », estime Bruno Cercley. « On ne s’y attendait pas. (…) Tout le monde est assommé », a réagi dans les colonnes du Dauphiné Libéré Cyrille Cherpin, membre du comité social et économique de l’usine de Sallanches – qui compte 124 postes –, évoquant « une mort à petit feu ».

Rossignol emploie à ce jour 1.310 personnes, dont 680 en France, et pilote trois autres sites industriels en Europe : à Artés (Espagne), qui produits également des skis, à Montebelluna (Italie), où sont fabriquées les chaussures et à Nevers, où sont assemblées les fixations. En 2009, un plan social avait conduit à la suppression de 230 postes.

Rossignol, précurseur du «Made in France», augmente sa production de skis dans les Alpes