« La Marseillaise » : Le quotidien devrait être repris par le groupe Maritima Médias

PRESSE Le journal historique de la deuxième ville de France devrait entrer dans le giron de Maritima

20 Minutes avec AFP

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Le siège du journal à Marseille.
Le siège du journal à Marseille. — Amandine Rancoule / 20 Minutes

Après un nouveau passage devant le tribunal de commerce de Marseille mardi, La Marseillaise devrait être reprise par Maritima, un groupe détenu par la mairie communiste de Martigues, qui mise notamment sur des synergies avec ses autres médias pour relancer le quotidien septuagénaire.

A la sortie de l’audience, optimisme et soulagement dominaient, en écho à la une du jour titrée : « La Marseillaise vivra ! ». « Ce n’est pas la première fois que le président du tribunal nous voit. Il a eu une tonalité très positive. Ils ne prononceront pas la liquidation », s’est réjouie Emilie Parente, de la CGT.

La décision, attendue le 7 octobre, fait peu de doute. Car outre Les Amis de La Marseillaise, qui ont récolté à coups de petits chèques 60.000 euros pendant l’été, des collectivités de tous bords – de la région LR à la mairie de gauche - se sont engagées pour soutenir ce projet de reprise, au nom du pluralisme de la presse.

Journal historique de la deuxième ville de France, La Marseillaise, fondée en 1943 par le Parti communiste, avait été placée en liquidation judiciaire le 13 juillet. Le quotidien, qui revendique aujourd’hui un tirage de 10.000 exemplaires, a pris de plein fouet le confinement qui a stoppé son impression et fait chuter ses recettes publicitaires. Et après une marque d’intérêt non transformée de La Provence, associée au fondateur d’Iliad (Free) Xavier Niel, Maritima restait seule en lice.

« Plus en lien avec le Printemps marseillais »

Maritima Médias compte une radio, un site Internet et une télévision locale. Son capital est détenu à 84 % par la mairie de Martigues, dernier bastion communiste des Bouches-du-Rhône. Ce groupe discret fabrique aussi le journal municipal martégal, en tant que prestataire. « Nous ne sommes ni la radio du parti communiste ni de la CGT mais nous avons une sensibilité humaniste, prônons le vivre-ensemble », explique son directeur Thierry Debard.

« Nous n’avons aucune crainte sur cette offre qui préserve notre ligne éditoriale, le volume d’emploi avec des engagements sur une revalorisation salariale. Nous n’avons pas de tabou pour changer si ce n’est garder l’ossature de notre ligne éditoriale, tournée vers le social, l’associatif, très politique, très à gauche », commente Emilie Parente, de la CGT.

Maritima envisage d’ouvrir un peu la ligne éditoriale du quotidien, en essayant d’être « moins étiquetée et plus en lien avec le Printemps marseillais » qui dirige désormais la ville, énonce Thierry Debard. Elle compte poursuivre aussi un « travail de rajeunissement », notamment sur le site Internet ou les réseaux sociaux. De la rédaction en chef aux syndicats, tous les salariés de La Marseillaise accueillent favorablement cette offre de la dernière chance pour un journal passé de 200 employés en 2014 à une cinquantaine aujourd’hui.