Coronavirus en Paca : « Un quart des TPE et PME ne passeront pas la fin de l’année »

ENQUÊTE Enquête à l’appui, le président de la CPME PACA alerte sur l’impact de la crise sanitaire, notamment dans le secteur de l’événementiel

Caroline Delabroy
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La Fiesta des Suds a été annulée (photo d'illustration).
La Fiesta des Suds a été annulée (photo d'illustration). — P.MAGNIEN / 20 MINUTES
  • Sur les 500 petites et moyennes entreprises de Provence-Alpes-Côte d’Azur interrogées, 22 % ont déjà eu recours à des licenciements, et la moitié se disent en danger.
  • L’annulation de la Foire de Marseille et de nombreux autres festivals et salons touche durablement le secteur de l’événementiel, qui appelle à la mise en place d’un protocole légal sanitaire.
  • « On peut aller au restaurant, au café, il est très probable qu’on puisse faire de l’événementiel encadré », lance ainsi le coprésident du syndicat des activités événementielles.

« On est déjà dans le tsunami économique ». En cette rentrée, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) Sud Paca est allée prendre la température auprès de ses adhérents. Et les résultats ne sont pas bons. D’après cette enquête, à laquelle ont répondu 500 TPE et PME de la région, la moitié des entreprises (52 %) se disent en danger. Plus encore, « 25 % ne passeront pas le cap de cette fin d’année », s’inquiète Alain Gargani, le président de la CPME, qui tire la sonnette d’alarme.

Pour le moment, les problèmes de trésorerie n’arrivent qu’en troisième position des difficultés que disent rencontrer les entreprises. Viennent en premier les baisses de fréquentation et de prises de commandes, puis les annulations en pagaille de marchés. « On profite encore du prêt garanti par l’Etat, poursuit le dirigeant. C’est un peu le calme avant la tempête, on redoute beaucoup le mois de mars. Car il faudra le rembourser ce prêt : c’est une dette, en aucun cas une subvention. » Alain Gargani anticipe une crise sociale. D’ores et déjà, pointe-t-il, « 22 % des entreprises affirment avoir licencié totalement ou en partie ses effectifs ».

« On aurait pu sauver la Fête du Vent »

Alors, dans ce contexte, l’annulation par arrêté préfectoral de la Foire de Marseille passe toujours mal. « Cela a été un gros coup dur pour l’économie locale, certaines petites entreprises font 30 % à 40 % de leur chiffre d’affaires sur cet événement qui, en termes de retombées sur le territoire, est de l’ordre de 80 à 100 millions d’euros », regrette Alain Gargani. « En quelques secondes, on a perdu un million d’euros de chiffre d’affaires », enchaîne Cédric Angelone, directeur de l’agence de communication Artkom. En plein confinement, il a cofondé le syndicat des activités événementielles pour réunir les acteurs de cette filière particulièrement touchée par la crise sanitaire.

« Le mois de septembre représentait un espoir de reprise, ils cassent la dynamique économique », dénonce-t-il. La Foire de Marseille, mais aussi la Fiesta des Suds, l’Iron Man de Nice et d’Aix-en-Provence, le Delta Festival, le Congrès mondial de la nature… On ne compte plus dans la région les événements annulés. Même l’édition 2020 de la Fête du Vent qui se déroule sur les plages du Prado en plein air n’aura pas lieu cette année, « On aurait pu défendre cet événement, le sauver », assure Cédric Angelone, qui porte en modèle la feria d’Arles qui s’est tenue malgré le contexte sanitaire.

« On peut aller au restaurant, au café, il est très probable qu’on puisse faire de l’événementiel encadré, continue-t-il. La menace sanitaire doit être traitée comme la menace terroriste. On ne s’est pas arrêté de faire du foot parce qu’il y a eu le Heysel. Il faut trouver des solutions, comme former les agents de sécurité au respect des gestes barrières. Mais surtout, on appelle à la mise en place d’un cadre légal sanitaire, notre filière a besoin de stabilité. » En attendant, il s’accroche à chaque événement maintenu comme à une victoire sur l’air ambiant. A l’image de la braderie de Marseille, reportée au 10 octobre, mais toujours à l’agenda.