Une entreprise sur cinq confrontée à la corruption depuis 5 ans

TRANSPARENCE L'Agence française anticorruption (AFA) publie ce lundi son enquête sur la corruption au sein des entreprises françaises

20 Minutes avec AFP

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Une manifestation anticorruption à Paris, en 2017.
Une manifestation anticorruption à Paris, en 2017. — Francois Mori/AP/SIPA

Au cours des cinq dernières années, 22 % des entreprises françaises ont été confrontées à des cas de corruption, selon une enquête publiée ce lundi par l’Agence française anticorruption (AFA). La moitié d’entre elles ont engagé des procédures « qui ont toutes abouti à une sanction disciplinaire », selon les réponses données de février à août à l’agence rattachée au gouvernement par près de 2.000 directeurs généraux ou spécialistes de l’éthique travaillant dans des entreprises de toutes tailles.

Des progrès depuis la loi Sapin de 2016

« En revanche, seules 20 % d’entre elles ont accompagné la sanction disciplinaire d’une plainte pénale », poursuit l’AFA. « Les entreprises ont le sentiment de bien connaître les infractions de corruption » et « 70 % d’entre elles ont mis en place un dispositif de prévention », qu’elles soient ou non assujetties à une telle obligation, en vigueur depuis la loi Sapin 2 pour les entreprises plus de 500 salariés.

Cette loi votée fin 2016 a permis un doublement en trois ans du nombre d’entreprises disposant d’un tel dispositif, selon les résultats de l’enquête.

Les responsables interrogés estiment à 46 % qu’aujourd’hui « le risque de corruption est entièrement pris en compte », à 38 % qu’il l’est « en partie » et à 16 % qu’il ne l’est pas du tout.

Un plan triennal de lutte contre la corruption

La plupart des répondants disent bien connaître la plupart des atteintes à la probité, notamment à 87 % la différence entre corruption active et passive, le détournement de fonds publics (à 85 %), le favoritisme (84 %), le trafic d’influence (79 %) ou encore la prise illégale d’intérêts (78 %), mais la concussion (perception d’une somme indue par un représentant de l’autorité publique) n’est connue que d’une minorité (43 %).

Critiquée au niveau européen pour les manquements de sa lutte anticorruption, la France a annoncé en janvier 2020 un plan triennal de lutte visant à renforcer les mesures de prévention au sein de son administration.