Le plan à 26 milliards mis à plat

Angeline Benoit

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Les députés examinent à partir d'aujourd'hui le plan de relance économique d'un montant de 26 milliards d'euros annoncé le 4 décembre par le président de la République à Douai. Explications.

Quel est l'objectif du plan ? « Nous ne devons pas nous contenter de passer tant bien que mal une période difficile. » C'est ainsi que le chef de l'Etat a justifié le déploiement de 26 milliards d'euros d'ici à 2010 pour lutter contre la crise économique et échapper à la récession. Il en coûtera 18,6 milliards d'euros à l'Etat dès cette année, propulsant le déficit public à 79 milliards d'euros.

Quel est son contenu ? La majeure partie de la dépense est consacrée au soutien de la trésorerie des entreprises et à des investissements (hôpitaux, routes, énergies renouvelables, etc.). Quelques mesures (trois milliards d'euros) ciblent les ménages modestes : prime de 200 euros pour les bénéficiaires du RSA (futur RMI), prêts à taux zéro pour l'immobilier et prime à la casse de 1 000 euros.

Est-ce suffisant ? L'enveloppe, qui représente environ 1,3 % du produit intérieur brut (PIB), est bien inférieure à l'effort de 2 à 3 % recommandé par le Fonds monétaire international (FMI) aux pays industrialisés, vu l'ampleur de la crise. Certains économistes redoutent toutefois un dérapage de la dette publique, qui pourrait se traduire par une hausse des impôts et peser sur les générations à venir.

Sera-t-il voté ? Le nouveau ministre en charge de la Relance, Patrick Devedjian, va plaider pour une adoption express, soulignant que le plan doit être « massif et rapide ». L'opposition socialiste, qui présentera le 20 janvier son propre « contre-plan de relance », a dénoncé une disproportion entre les sommes consacrées aux ménages et celles accordées aux entreprises. ■