Guerre de l'information à Gaza: «Les journalistes, vous allez là!»

REPORTAGE Couvrir le conflit de Gaza est un parcours du combattant pour les journalistes. L’accès aux zones sensibles est interdit...

Pauline Garaude, en Israël

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Depuis le 5 novembre 2008, les autorités israéliennes empêchent les photographes internationaux de pénétrer dans la «zone militaire» de la bande de Gaza.  Seuls sont autorisés les reporters habitant le territoire occupé.

Conséquence directe de ce blocus, les images réalisées et contrôlées par les deux camps manquent cruellement de diversité.

Bilan iconographique de deux camps qui s'affrontent...
Depuis le 5 novembre 2008, les autorités israéliennes empêchent les photographes internationaux de pénétrer dans la «zone militaire» de la bande de Gaza.  Seuls sont autorisés les reporters habitant le territoire occupé. Conséquence directe de ce blocus, les images réalisées et contrôlées par les deux camps manquent cruellement de diversité. Bilan iconographique de deux camps qui s'affrontent... — SIPA
De notre envoyée spéciale, Pauline Garaude,

Même accrédités par les autorités israéliennes et en possession de la carte de presse israélienne, le précieux sésame qu’il faut avoir, il est impossible aux journalistes de se rendre à Gaza et de s’en approcher. Seuls ceux qui y étaient avant l’offensive – des journalistes palestiniens pour la plupart travaillant pour Al Jazira ou Ramatta TV - peuvent témoigner sur place de la guerre.

Les autres se contentent d’aller au terminal d’Eirez, le point de passage entre Israel et Gaza Nord, situé à 12 kms d’Ashkelon que l’on atteint facilement en bus. De là, il faut prendre un taxi. Mais à 3 kms d’Eirez, la police israélienne barre la route. «Si vous êtes journalistes, allez là !» nous lancent-ils, nerveusement. «Là», c’est sur un terrain vague d’où l’on aperçoit vaguement Gaza.

>> La guerre des images à Gaza, regardez notre diaporama...


Une dizaine de journalistes y font des rotations jours et nuits, jumelles collées aux yeux. Le seul spectacle qui s’offre à nous est de la fumée noirâtre, à l’horizon. Celle de Gaza qui s’enflamme.

Beaucoup de journalistes tentent donc de couvrir le conflit en Cisjordanie. Comme à Hébron, où les soulèvements entre Palestiniens et la police israélienne qui protège la colonie juive sont quotidiens. On peut aisément aller dans les rues arabes et sentir le souffle d’une troisième Intifada.

«Il n’y a rien! Allez, partez!»


Mais impossible d’aller voir les colons. Le check-point en plein cœur de la vieille ville est une forteresse. Idem à Jerusalem Est, dans le camp de réfugiés de Shauafat où les enfants brûlent les pneus et lancent des pierres pour crier leur rage à moins de cinquante mètres du poste de contrôle.

Là encore, pas moins de quarante jeunes soldats filles et garçons empêchent tout passage. «Qu’est ce que vous voulez voir! Il n’y a rien! Allez, partez!» nous menacent-ils du bout de leur arme pour nous signifier de dégager sur le champ.

Le ministère de l'Information aux abonnés absents

Le ministère de l’Information et son département pour la presse étrangère pourraient être utile. S’il est facile d’obtenir un rendez vous avec un responsable de communication de la Défense ou du gouvernement, il est très difficile de s’entretenir avec un porte-parole du ministère.

A moins de représenter un «grand» média - CNN ou BBC de préférence! Et si l’on demande une «visite sur le terrain» à proximité de Gaza, ce que l’on nous propose, la réponse est si longue et les formalités si drastiques que nous sommes obligés de trouver des alternatives. Quant aux journalistes indépendants, inutile d’espérer quoi que ce soit «d’officiel». Le parcours est encore plus difficile!

>>> En raison des débordements racistes systématiques, nous nous voyons contraints de fermer les articles traitant des événements de Gaza aux commentaires. Merci de votre compréhension. Si vous avez des infos ou des témoignages intéressants, n'hésitez pas à les envoyer au 33320@  20minutes.fr