Coronavirus : Greenpeace intente une action en justice contre l’aide des Pays-Bas à KLM

JUSTICE Plus de deux milliards d’euros ont été accordés par onze banques à la compagnie aérienne, mais l’ONG considère que « ce plan de sauvetage alimente la crise climatique »

20 Minutes avec agences

— 

Un avion de la compagnie Air France-KLM.
Un avion de la compagnie Air France-KLM. — Mario FOURMY/SIPA

Greenpeace a annoncé aux Pays-Bas, ce lundi, intenter une action en justice pour contraindre le gouvernement néerlandais de mettre fin à l’aide financière apportée à la compagnie aérienne KLM, qui selon l’ONG n’est pas accompagnée de conditions suffisantes sur le climat. Le pays a fait savoir en juin qu’il allait apporter une aide de 3,4 milliards d’euros à la compagnie néerlandaise, membre de l’alliance Air France-KLM, pour lui permettre « d’affronter la crise » liée au nouveau coronavirus.

Cette aide se décompose en un prêt de 2,4 milliards accordé par 11 banques, garanti à 90 % par l’Etat néerlandais, ainsi que d’un prêt direct d’un milliard d’euros de ce dernier à KLM. Greenpeace a engagé une procédure de référé contre le gouvernement néerlandais pour le « forcer à interrompre son plan de sauvetage » envers la compagnie « car les conditions climatiques font défaut », a expliqué l’organisation environnementale dans un communiqué.

Un plafond d’émissions de CO2 ?

« Le gouvernement néglige de conclure des accords stricts pour que KLM réduise la pollution », a déclaré Dewi Zloch, spécialiste du climat et de l’énergie chez Greenpeace Pays-Bas, citée dans le communiqué. « Ce plan de sauvetage alimente la crise climatique, brisant le devoir du gouvernement néerlandais de protéger ses citoyens », a-t-elle avancé.

KLM avait indiqué que le prêt direct de l’Etat était associé à « des engagements de la compagnie en matière de développement durable », sans donner plus de détails. Greenpeace, qui affirme que « KLM fonctionne sans un plan d’action climatique solide », souhaite notamment que le gouvernement mette en place un plafond d’émissions de CO2 pour l’entreprise, qui « doit être réduit chaque année ».

Discussions jusqu’au 1er octobre

« Une aviation plus durable ne sera pas accomplie avec les mesures lentes qui sont actuellement en place », dénonce Dewi Zloch, plaidant pour la révocation des vols de moins de mille kilomètres. Le gouvernement a jusqu’au 1er octobre pour entamer des discussions avec Greenpeace afin de savoir s’il accédera ou non à ces demandes, a précisé l’ONG.

Selon la télévision publique NOS, le ministre néerlandais des Finances Wopke Hoekstra a dit accueillir un éventuel procès avec confiance. Il a ajouté que la Commission européenne a déjà jugé cette aide « tout à fait acceptable ».