Coronavirus : L’économie française chutera moins fort que prévu, selon la Banque de France

CRISE SANITAIRE Selon ces nouvelles prévisions de la Banque de France, l’économie retrouverait des couleurs début 2022

20 Minutes avec AFP

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Des promeneurs masqués à Paris (image d'illustration).
Des promeneurs masqués à Paris (image d'illustration). — Francois Mori/AP/SIPA

C’est un scénario moins sombre que ce que l’on attendait. Selon les nouvelles prévisions de la Banque de France, l’économie française devrait se contracter de 8,7 % cette année et revenir un peu plus vite que prévu à son niveau d’avant la crise.

Alors qu’elle anticipait jusque-là un recul du produit intérieur brut (PIB) de 10,3 % en 2020, « le choc du deuxième trimestre a été moins important qu’attendu » et « le rebond suggéré par les enquêtes de conjoncture sur les derniers mois est plus fort », précise la banque centrale française ce lundi dans ses dernières projections macroéconomiques. Cette prévision est dans la lignée de celle de l’Insee qui table sur une récession de 9 % cette année, mais plus optimiste que celle du gouvernement, qui anticipe un recul du PIB de 11 %, même s’il a prévu de réviser prochainement ce chiffre.

Encore beaucoup d’incertitudes

La Banque de France table ensuite sur un rebond du PIB de 7,4 % en 2021, puis une croissance de 3 % en 2022. L’économie retrouverait ainsi son niveau d’avant crise dès début 2022, soit un peu plus tôt que ce qu’elle anticipait jusqu’ici, c’est-à-dire mi-2022. En parallèle, elle a également revu à la baisse l’impact sur l’emploi de la crise engendrée par l’épidémie de Covid-19. Si le chômage va bien grimper cette année, avec « environ 800.000 » suppressions d’emplois, et un taux de chômage qui pourrait atteindre 11,1 % en 2021, « plus de 700.000 emplois » seraient recréés en 2021 et 2022.

Toutefois, elle précise que ce scénario reste sujet à d’importants aléas du fait des incertitudes sur l’évolution de l’épidémie, mais aussi de l’issue des négociations sur le Brexit. En août et septembre, la perte d’activité devrait être ramenée autour de -5 % par rapport à son niveau d’avant-crise, alors que l’économie française tournait seulement aux deux tiers durant le confinement.

Une activité qui progresse

Selon la BdF, l’automobile, l’hébergement-restauration et le bâtiment se sont repris un peu mieux que ce qu’anticipaient les chefs d’entreprise en début d’été. De même, la consommation des ménages et l’investissement ont mieux résisté. Elle prévoit donc une progression du PIB de 16 % sur le troisième trimestre, après la chute de 13,8 % au deuxième.

A la fin de l’année, la perte d’activité serait toujours entre 3,5 % et 4 % par rapport au niveau d’avant-crise. « Nous rentrons dans la phase où l’activité va continuer de progresser mais plus du tout au même rythme que celui qu’on a connu au cours des derniers mois », a estimé Olivier Garnier, directeur général de la Banque de France, lors d’une conférence de presse.