Fusion d’entreprises : Le président de Suez s’oppose fermement à l'offre de Veolia

PAS DE CONSENTEMENT Philippe Varin pointe les risques sur l’emploi du projet de rachat « très hostile » de la part de Veolia

20 Minutes avec AFP

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Des salariés de Suez manifestent à La Défense, devant le siège de leur entreprise, contre l'offre de Veolia, le 8 septembre 2020.
Des salariés de Suez manifestent à La Défense, devant le siège de leur entreprise, contre l'offre de Veolia, le 8 septembre 2020. — AFP

Si l’opération se fait, cela sera un mariage forcé. Engagé dans un bras de fer contre le projet de rachat « très hostile » de Veolia, le président de Suez Philippe Varin met en garde dimanche contre un risque de plan social si son rival parvenait à ses fins. Veolia, leader mondial du traitement de l’eau et des déchets, a annoncé vouloir racheter son concurrent historique Suez, en commençant par la reprise de l’essentiel des parts (29,9 %) détenues par Engie.

La menace des plans sociaux

« Pour nos  90.000 collaborateurs, dont 30.000 en France, c’est la menace de pertes d’emplois », affirme Philippe Varin dans une interview au Journal du Dimanche. « On ne peut pas annoncer 500 millions de synergies et dire qu’il n’y aura pas d’impact. Je ne l’ai jamais vu de ma vie. Si on regarde Alcatel-Lucent, Lafarge-Holcim, GE-Alstom, chaque fois, des promesses ont été faites. Chaque fois, il y a eu des plans sociaux après », poursuit-il.

Entre les deux groupes, la bataille d’influence porte particulièrement sur l’emploi, sur lequel l’Etat, actionnaire de référence d’Engie, a prévenu qu’il serait vigilant sans pour autant s’opposer à l’opération. « Je compte bien convaincre le Premier ministre que sur le fond, ce projet a des failles. Il comporte de considérables risques d’exécution », avance Philippe Varin.

Engie attend « une offre alternative » de Suez

« Je comprends tout à fait que le conseil d’administration d’Engie veuille traduire en cash sa participation dans Suez. Mais pour résoudre ce problème, la décision d’Engie sur la proposition de Veolia déterminerait le futur de Suez et consisterait notamment à démanteler le groupe Suez en France », déplore-t-il. En début de semaine, le président d’Engie avait annoncé qu’il étudierait attentivement un « nouveau projet » de Suez s’il parvenait à lui présenter rapidement « une offre alternative ». La bataille boursière ne fait donc que commencer.