Le gouvernement détaille son plan pour l'hydrogène

DÉVELOPPEMENT Sept milliards d'euros doivent être consacrés au développement de la technologie dans les prochaines années 

20 Minutes avec AFP

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Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire fait le plein d'une voiture à hydrogène le 26 novembre 2019.
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire fait le plein d'une voiture à hydrogène le 26 novembre 2019. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Industrie, transports lourds et recherche : le gouvernement a détaillé mardi son plan de sept milliards d'euros sur dix ans pour développer à grande échelle l’hydrogène, qui peut servir à rendre plus « propres » certaines activités.

« L’hydrogène est une opportunité stratégique pour massifier et accélérer la décarbonation des secteurs et des activités les plus difficiles à décarboner, en particulier dans l’industrie et le transport », a souligné la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili.

Deux milliards d’euros en 2021-2022

Elle a détaillé avec le ministre de l’Economie Bruno Le Maire les intentions du gouvernement, qui avait déjà annoncé prévoir sur ce sujet deux milliards d’euros en 2021-2022, dans le cadre du plan de relance d’un total de 100 milliards d’euros. Les cinq milliards d’euros restants pour l’hydrogène seront alloués dans un deuxième temps.

La première priorité du gouvernement sera de décarboner les usages industriels, alors que de nombreux secteurs (raffinage, chimie, électronique, agroalimentaire) utilisent aujourd’hui un hydrogène d’origine fossile, produit avec des procédés fortement émetteurs de gaz à effet de serre.

Les mobilités « lourdes » visées

L’hydrogène peut devenir « propre » en étant notamment produit par électrolyse de l’eau, à condition d’utiliser une électricité issue de sources renouvelables ou à tout le moins faiblement carbonées. La France compte ainsi utiliser son électricité, qui repose aujourd’hui largement sur le nucléaire, un choix contesté par certains défenseurs de l’environnement. Le gouvernement se fixe un objectif de 6,5 gigawatts d’électrolyseurs installés en 2030, a-t-il indiqué.

La deuxième priorité sera de développer une offre de mobilités « lourdes », c’est-à-dire pour des camions, des trains en zone non-électrifiée, voire l’avion. « Il faut qu’en 2035 nous ayons réussi à avoir un avion (…) neutre en carbone, et l’hydrogène est probablement l’option la plus prometteuse », a indiqué Bruno Le Maire. Au total le gouvernement vise six millions de tonnes de CO2 économisées en 2030.

Le dernier volet du plan porte sur la recherche, l’innovation et le développement des compétences. L’objectif est de générer entre 50.000 et 150.000 emplois directs et indirects en France. « Oui, nous demanderons des contreparties aux industriels et aux entreprises. Nous n’aidons pas pour rien, nous aidons pour qu’il y ait des emplois, des usines, de la relocalisation industrielle…. », a insisté Bruno Le Maire, qui s’exprimait devant les professionnels du secteur.

Le gouvernement a aussi mis l’accent sur la dimension européenne – et plus spécifiquement franco-allemande – du plan. L’Allemagne avait déjà annoncé son propre plan de neuf milliards consacrés à cette technologie.