Renault : Luca de Meo va entreprendre une réorganisation complète du groupe

MANAGEMENT En plus de vouloir des marges plus élevées, le nouveau directeur général souhaite « donner un nouveau souffle » au design des voitures de la marque au losange

20 Minutes avec AFP
— 
Le logo de Renault à l'usine de Choisy-le-Roi, le 29 mai 2020.
Le logo de Renault à l'usine de Choisy-le-Roi, le 29 mai 2020. — Christophe Ena/AP/SIPA

Une révolution managériale est en marche chez Renault. Le but du nouveau directeur général de la marque au losange est de sauver l’entreprise. Pour cela, Luca de Meo, a annoncé dans une interview au Point publiée mercredi un vaste plan de réorganisation du groupe autour de quatre marques. L’objectif est de viser une meilleure qualité des produits et des marges plus élevées.

Un patron par marque

L’organisation de Renault ne se fera « plus par zones géographiques. Il y aura la marque Renault, que je gérerai en direct, mais aussi Alpine, Dacia, et une marque inédite en charge des nouvelles mobilités », a expliqué Luca de Meo. Ainsi, « il y aura un patron par marque. Cela va nous permettre d’être plus focalisé sur le client », a précisé l’ancien patron de Seat du groupe Volkswagen arrivé début juillet à la tête du constructeur français en crise.

Selon lui, « la marque Alpine a une identité très spécifique de niche, très sportive, très française. Nous ne resterons pas forcément dans le registre seulement rétro et classique de l’Alpine A110 ». Concernant le label roumain Dacia, « sa proposition dans le low cost est très forte. La marque ne doit pas s’éloigner de ce positionnement originel, mais il faut lui donner une image plus cool », a estimé le dirigeant italien, qui doit annoncer en janvier 2021 son plan stratégique pour le groupe.

« Le gros sujet, c’est évidemment le positionnement de Renault (…). Je suis convaincu que l’âme de Renault est dans ses racines françaises. Cette marque a toujours été plus créative que les autres, c’est dans sa culture. Elle doit jouer la modernité et l’innovation. Renault peut incarner la nouvelle vague de l’industrie automobile », a-t-il affirmé, soulignant « vouloir donner un nouveau souffle » à son design.

« On va changer toute l’organisation »

Le cap sera mis sur les profits. « On va changer toute l’organisation pour passer d’une politique de volumes à celle de la valeur. Ce sont les marges qui permettent d’investir et de se développer », a expliqué Luca de Meo. Selon lui, « Renault doit se développer sur les segments de véhicules plus rémunérateurs que les petites voitures » en s’inspirant de son grand rival français. « Carlos Tavares chez PSA a fait un travail extraordinaire avec une belle montée en gamme des véhicules, avec les Peugeot 3008 et 5008 ou les Citroën Aircross ».

Enfin, le dirigeant a laissé entendre que Renault pourrait se retirer de certains marchés étrangers : « l’internationalisation (…) si ce n’est pas rentable, quel est l’intérêt ? ». De là à quitter la Chine, où le groupe a accumulé les pertes sans réussir à percer ? « C’est le premier marché au monde et un des centres de l’industrie automobile pour les innovations majeures que sont l’électrique, la connectivité et les voitures autonomes. Je crois qu’il faut être où la musique se joue. Après, tout est une question de timing et de priorité ». La page Carlos Ghosn est donc bien tournée.