Coronavirus : Le salaire des cadres devrait baisser avec la crise, selon l’Apec

REMUNERATION En 2019, le salaire brut annuel médian des cadres du privé, incluant la part fixe et la part variable, s’est élevé à 50.000 euros

20 Minutes avec AFP

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Des feuilles de salaire (illustration).
Des feuilles de salaire (illustration). — laire

La crise économique due à l’épidémie de Covid-19 va avoir de lourdes conséquences sur l’emploi et la rémunération. Si le salaire des cadres du secteur privé est resté stable en 2019 après deux années de hausse, la chute du PIB « aura certainement un impact » sur leur salaire en 2020, a prévenu mercredi l’Association pour l’emploi des cadres (Apec).

Une réduction plus lente des inégalités

La rémunération brute annuelle médiane des cadres du privé, incluant la part fixe et la part variable, s’est élevée à 50.000 euros l’an dernier, selon une étude réalisée en mars et basée sur les réponses de 16.000 cadres du privé, clients de l’Apec. Avec l’impact de la crise sanitaire sur les rémunérations, « les entreprises devront être vigilantes à ne pas ralentir le rythme – encore trop lent – de réduction des inégalités salariales entre femmes et hommes. C’est un vrai risque », s’inquiète le directeur général de l’Apec, Gilles Gateau. Les inégalités salariales femmes/hommes ont persisté en 2019, même si le salaire médian des femmes a augmenté de 2,2 %, alors que celui des hommes restait stable. « À profil identique », indique l’Apec, les hommes ont gagné « 8 % de plus que les femmes ».

L’Association souligne que la crise « devrait avoir un impact sur les composantes variables » du revenu des cadres du privé, liées à leurs résultats ou aux performances de l’entreprise. La part variable de leur rémunération « devrait baisser », ce qui touchera « en particulier les cadres commerciaux et ceux des grandes entreprises ». L’intéressement et la participation « devraient être plus faibles », avec « des effets notables pour les cadres des grandes entreprises ».

Un début de carrière plus difficile

En outre, la crise devrait « ralentir » les hausses de salaires « individuelles ou collectives », ainsi que les mobilités internes ou externes qui permettent « fréquemment » d’obtenir une augmentation. Et en cas de chômage, le retour à l’emploi « s’accompagne parfois d’une baisse de la rémunération », relève l’Apec.

Autres craintes : une baisse de la rémunération fixe des cadres via la signature d’accords de performance collective (APC) dans les entreprises et une évolution salariale moins favorable pour les cadres « en début de carrière ». L’an dernier, 62 % des cadres de moins de 30 ans ont vu leur rémunération augmenter, contre seulement 38 % des plus de 50 ans. Parmi ceux qui ont changé d’entreprise, 78 % des moins de 30 ans ont été augmentés, contre 54 % des plus de 50 ans.