Environnement : Veolia se lance à la conquête de Suez

RACHAT Veolia a remis à Engie une offre ferme à 2,9 milliards d’euros pour acquérir 29,9 % des actions de Suez

20 Minutes avec AFP

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Une usine de traitement des eaux de Veolia (illustration).
Une usine de traitement des eaux de Veolia (illustration). — A. GELEBART / 20 MINUTES

La guerre est ouverte entre les entreprises françaises de l’environnement. Alors que le marasme guette avec les mauvais chiffres économiques du fait de la crise sanitaire, le CAC40 va pouvoir s’animer avec l’annonce d’une importante proposition de rachat dans le secteur. Le géant du traitement de l’eau et des déchets Veolia ambitionne en effet de constituer un « super champion mondial » en intégrant son concurrent Suez.

Une OPA devrait suivre

Veolia a pour cela remis dimanche à Engie, grand actionnaire de Suez, une offre ferme à 2,9 milliards d’euros, portant sur l’essentiel de sa participation. L’offre concerne 29,9 % de Suez, dont Engie détient au total 32 %. Si cette transaction aboutit, Veolia a l’intention de déposer par la suite une offre publique d’achat pour le reste des actions. Le rachat de l’ensemble est estimé à quelque 10 milliards, auxquels s’ajoute la dette de Suez.

Suez, qui avait présenté en octobre un plan stratégique visant à détrôner son rival de sa place de numéro un, a pris « acte » du choix de son concurrent. « La démarche de Veolia n’a pas été sollicitée et n’a fait l’objet d’aucune discussion avec Suez », qui réunira son conseil d’administration « dans les plus brefs délais ».

Un projet dans « le sens de l’histoire »

Engie a pour sa part fait savoir dimanche soir qu’il allait « étudier la proposition dans les prochaines semaines ». Le géant de l’énergie avait annoncé en juillet sa volonté de recentrer son activité, en cédant des actifs jugés non stratégiques. « Concernant Suez, je dirais que tout est ouvert », avait déclaré alors le président du conseil d’administration, Jean-Pierre Clamadieu.

Pour le PDG de Veolia, Antoine Frérot, le projet annoncé dimanche va dans « le sens de l’histoire ». La réunion de Veolia, déjà numéro un mondial du secteur, et Suez, numéro deux, fait l’objet de spéculations régulières. Les deux groupes affichaient l’an dernier un chiffre d’affaires cumulé de quelque 45 milliards d’euros, dans un domaine de plus en plus concurrentiel à l’international. Le secteur reste très émietté, et la nouvelle entité représenterait encore moins de 5 % de parts de marché au niveau mondial. Mais « la concentration a commencé », prévient Antoine Frérot, relevant l’intérêt croissant de fonds d’investissement pour le secteur ou la montée d’acteurs venus de Chine.

Pour Veolia l’emploi ne sera pas touché

Si les deux parties tombent d’accord, la transaction devra cependant obtenir l’aval des autorités de la concurrence. Antoine Frérot évoque des « problèmes de concurrence importants » surtout en France, mais à l’étranger rarement et une « complémentarité forte ». Veolia indique avoir déjà identifié un acquéreur pour les activités de Suez Eau France, en la personne de Meridiam, entreprise française de gestion d’infrastructures, qui s’est engagée à cette acquisition. Selon Antoine Frérot, une réunion des deux groupes n’aurait aucun impact négatif sur l’emploi en France, y compris pour l’eau côté Meridiam.