Bretagne : Plusieurs élus appellent l’État à « sauver » la Britanny Ferries

SOCIAL La fréquentation de la compagnie maritime bretonne s’est effondrée cet été

J.G. avec AFP

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Illustration de navires de la Britanny Ferries.
Illustration de navires de la Britanny Ferries. — DAMIEN MEYER / AFP

Les élus bretons volent au chevet de la Britanny Ferries. Ils appellent l’État à « sauver » la compagnie maritime dont l’avenir est, selon eux, menacé tant par les conséquences du Covid-19 que par le Brexit. « Au mois de juillet, Brittany Ferries a enregistré une baisse de fréquentation de 70 % par rapport à l’an dernier, si bien que la pérennité de l’entreprise est désormais menacée », estime le député du Morbihan Paul Molac.

L’élu évoque « un gâchis monumental pour l’avenir » et appelle l’Etat et l’ensemble des collectivités territoriales à « sauver la Brittany Ferries et l’ensemble des emplois qui s’y rattachent ».

Une perte de chiffre d’affaires de 250 millions d’euros

Dans un courrier adressé au Premier ministre Jean Castex, plusieurs élus Les Républicains et apparentés estiment de leur côté que la compagnie finistérienne a « les deux genoux à terre », une situation selon eux « catastrophique, après les deux récents séismes que sont Hop à Morlaix et Nokia à Lannion ». Près de 40 % des effectifs de la compagnie bénéficient actuellement de mesures de chômage partiel, soit environ 800 personnes.

« Nous avons eu 200.000 passagers en juillet et août contre 780.000 l’an dernier à la même période, et depuis l’annonce de la quatorzaine britannique, nous avons enregistré 65.000 annulations et reports pour septembre-octobre », a indiqué Jean-Marc Roué, président du groupe, qui estime la perte de chiffre d’affaires à « 250 millions d’euros, plus de la moitié des 450 millions d’euros prévus ».

Un nouveau coup dur avec la quatorzaine britannique

En plus des mesures d’urgence prises pour réduire les coûts, la compagnie, dont 85 % des passagers sont Britanniques, en appelle à l’Etat pour affronter les conséquences de la quatorzaine britannique.

« Si on doit faire un deuxième PGE [prêt garanti par l'Etat], je ne trouverai pas de financeur privé. Nous voulons un plan de redressement qui se traduirait à la fois par des mesures en interne comme le non-remplacement systématique des départs naturels, mais aussi par des mesures prises par l’Etat, comme un abattement de charges de l’ordre 15 millions d’euros, ce qui est tout à fait compatible avec la réglementation européenne », poursuit Jean-Marc Roué, qui s’attend de surcroît à un « deuxième séisme économique avec le Brexit, au 1er janvier 2021 ».