Plan de relance, port du masque, chômage partiel… Devant le Medef, Jean Castex a voulu rassurer les patrons

A LA RELANCE Ce mercredi, le Premier ministre, Jean Castex, a donné devant le Medef quelques nouveaux indices sur le plan de relance, qui sera détaillé jeudi 3 septembre

C.A avec AFP

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Le Premier ministre Jean Castex, lors de l'Université d'été du Medef, le 26 août 2020
Le Premier ministre Jean Castex, lors de l'Université d'été du Medef, le 26 août 2020 — AFP

Pas simple, devant des patrons, de se taire au sujet d’un plan de relance déjà « bouclé », mais qui ne sera présenté que le 3 septembre. Inaugurant ce mercredi l'Université d'été du Medef, le Premier ministre, Jean Castex, a livré quelques précisions supplémentaires sur la politique économique qui sera menée à la rentrée.

Il a rappelé la « puissance des moyens » de ce plan, les 100 milliards représentant « quatre fois plus que le plan de 2008, un tiers du budget de l’Etat ». Et « c’est, en part de richesse nationale, le plan de relance le plus conséquent annoncé à ce jour parmi les pays européens », a-t-il affirmé. Que retenir de son discours ? 20 Minutes fait le point.

  • Prolongement de l’activité partielle

« L’activité partielle demeurera ouverte dans ses conditions actuelles au moins jusqu’au 1er novembre et, au-delà, pendant deux ans, pour toutes les entreprises couvertes par un accord sur l’activité partielle longue durée », a déclaré le Premier ministre. Bercy confirme que la baisse de la prise en charge du chômage partiel « ordinaire » qui avait été annoncée à partir du 1er octobre, est donc décalée d'un mois. 

Quant aux secteurs les plus touchés par la crise, comme l'hôtellerie-restauration, la culture, le sport, le tourisme ou l’événementiel, « ils conserveront jusqu’à la fin de l’année un accès à l’activité partielle, même sans accord », a-t-il déclaré. A partir du 1er octobre et jusqu'à fin décembre, ces entreprises auront à payer un reste à charge de 15% sur le chômage partiel, précise Bercy. 

  • Du « pragmatisme » sur le port obligatoire du masque, liberté sur le télétravail

S’agissant du port du masque, qui sera obligatoire en entreprise à partir du 1er septembre, « je suis parfaitement conscient de la difficulté de mise en œuvre de cette mesure (…) trop générale et trop impérieuse. Nous avons donc saisi le Haut conseil de santé publique pour examiner la possibilité d’assouplissement en fonction de la configuration des locaux, de la nature des activités, j’ajouterais aussi territoire par territoire », a déclaré Jean Castex. Il promet des « solutions pragmatiques »

Sur le télétravail, le Premier ministre a souligné que l’équilibre « ne peut être trouvé qu’au niveau le plus fin et dans le cadre d’un dialogue ». « Nous avons des progrès à faire sur ce sujet mais dans le sens bien compris des entreprises et de leurs salariés qui peut varier selon les branches professionnelles et les entreprises elles-mêmes ».

  • Au moins 25 milliards d’euros en faveur des petites et moyennes entreprises

Le Premier ministre a confirmé une « relance par l’offre et l’investissement », et non par la demande. Un choix justifié selon lui par le fait que « les revenus des ménages ont été préservés dans la crise » et que « la consommation est repartie après le confinement ».

« Au moins un quart » des 100 milliards d’euros prévus pour relancer l’économie française dans le contexte de crise sanitaire bénéficiera aux PME et aux TPE, a ainsi annoncé le Premier ministre, voulant marquer son intention de conserver un équilibre, dans son plan de relance, entre les grandes et les petites entreprises.

Le plan prévoira aussi un « volet export », a-t-il ajouté.

  • 10 milliards de baisse des impôts de production

Face à un parterre de chefs d’entreprise, le Premier ministre a détaillé les modalités de la baisse annoncée de 10 milliards d’euros des impôts de production à partir de l’année prochaine. Une mesure attendue depuis plusieurs années par le Medef.

Cette baisse passera par une « division par deux » de la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), mais par le plafonnement de la contribution économique territoriale (CET) en part de la valeur ajoutée « de 3 % aujourd’hui à 2 % demain ». Enfin, « la méthode de taxation foncière des locaux industriels sera réformée profondément dans l’objectif de diviser par deux la pression fiscale sur ces locaux », a indiqué Jean Castex.