Cannes : Le Yachting festival annulé, les pros du tourisme en « état de choc économique et psychologique »

COVID-19 Ils ont écrit au préfet des Alpes-Maritimes pour lui demander « des explications »

Fabien Binacchi

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Un yacht rentre au port Pierre-Canto, à l'est de Cannes, le 12 mai 2020
Un yacht rentre au port Pierre-Canto, à l'est de Cannes, le 12 mai 2020 — Lionel Urman/Sipa USA/SIPA
  • Le plus grand salon à flot d’Europe qui aurait dû se tenir en septembre sur la Croisette, devait relancer la machine du tourisme d’affaires, grippée avec la crise du Covid-19.
  • La dérogation demandée par les organisateurs pour l’accueil de 15.000 personnes n’a pas été accordée par la préfecture « au regard du contexte sanitaire actuel ».

Depuis qu’elle est tombée, la nouvelle « ébranle tous les milieux socioprofessionnels », écrit ce lundi le syndicat des hôteliers cannois. Annoncée dès vendredi, l’annulation du Cannes Yachting festival a plongé les professionnels locaux du tourisme dans un « état de choc économique et psychologique », poursuit la fédération dans une missive adressée au préfet des Alpes-Maritimes pour obtenir des « explications ».

Le plus grand salon à flot d’Europe qui aurait dû se tenir en septembre sur la Croisette, devait relancer la machine du tourisme d’affaires, grippée depuis le début de la crise du Covid-19. Mais, dès vendredi, le maire de la ville annonçait « l’interdiction du Cannes Yachting festival par le préfet ». Et le lendemain, l’organisateur Reed Midem confirmait l’annulation du salon « faute », selon lui, « de dérogation préfectorale ».

« Le taux d’incidence du COVID passé au-delà du seuil d’alerte »

La dérogation en question –d’accorder un rassemblement de 15.000 personnes, alors qu’un décret interdit toujours tout rassemblement de plus de 5.000 personnes–, n’a en effet pas été accordée « au regard du contexte sanitaire actuel », précise la préfecture ce lundi après-midi. « Le taux d’incidence du COVID étant passé au-delà du seuil d’alerte de Santé Publique France », insistent les services de l’Etat dans le département.

D’autres « préconisations visant à réduire le risque d’une contamination massive » ont été proposées à l’organisateur, selon la préfecture. Comme celle de « séparer en deux sites et événements distincts les parties voiles et moteur [du salon], en admettant ainsi une jauge de 5.000 personnes par site ».

Une option « qui rendait possible l’organisation de cette manifestation importante, tout en protégeant les citoyens ». Elle a été écartée lors d’une dernière réunion le 20 août, l’organisateur exprimant, toujours selon les services du préfet, « son souhait de maintenir sa demande de dérogation initiale ».

Licenciements « inévitables »

Le manque à gagner pour le tourisme cannois, déjà durement touché par les annulations en cascade, notamment du festival du film, sera important. Et le syndicat des hôteliers craint en plus que « le message envoyé aux autres organisateurs de salons vient compromettre lourdement notre automne lié à l’évènementiel ».

La fédération demande également au préfet de soutenir auprès de l’Etat ses « demandes pour une prise en charge du chômage partiel à 100 % faute de quoi des licenciements seront inévitables très rapidement », prévient-elle.