Réindustrialisation, écologie, solidarité… Que prévoit le plan de relance de 100 milliards d’euros de la France ?

ECONOMIE Ce plan, qui sera détaillé mardi, vise notamment à accélérer la reprise économique et la transition écologique

20 Minutes avec AFP

— 

Le Premier ministre Jean Castex, avec le ministre de l'Economie Bruno Le Maire
Le Premier ministre Jean Castex, avec le ministre de l'Economie Bruno Le Maire — Xose Bouzas-POOL/SIPA

Indépendance, écologie, solidarité et compétences : le plan de relance de 100 milliards d’euros, qui sera détaillé mardi ; comportera quatre grands volets pour accélérer, sur deux ans, la reprise et la transformation de l’économie française.

Quelque 40 milliards d’euros pour réindustrialiser le pays

Comme l’a indiqué le Premier ministre Jean Castex lors de son discours de politique générale en juillet, le gouvernement veut consacrer 40 milliards d’euros du plan pour réindustrialiser le pays. L’industrie française « s’est affaiblie », notamment dans certains « secteurs stratégiques », comme la santé, avait-il estimé.

Ce montant intégrera notamment la baisse des impôts de production de 20 milliards d’euros sur deux ans (dix milliards en 2021 et dix milliards en 2022) qui pèsent sur les entreprises, annoncée de longue date par le précédent gouvernement.

Il comprendra aussi trois milliards d’euros de soutien aux fonds propres des entreprises mises en difficulté par la crise, selon le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, par exemple via l’évolution du prêt garanti par l’Etat (PGE) en prêt participatif.

Un milliard d’euros sera aussi consacré au financement d’appels à projets pour les industriels qui souhaiteraient relocaliser certaines productions. Par ailleurs, Bercy a évoqué des soutiens à l’investissement dans la transition numérique des entreprises, ou encore des aides à l’export.

Rénovation énergétique, les transports et l’énergie prioritaires pour la transition écologique

Après avoir annoncé que 20 milliards d’euros seraient consacrés à la transition écologique, le gouvernement a finalement fait monter la barre à 30 milliards, mais une partie se recoupe avec les 40 milliards dédiés à l’industrie.

Trois secteurs seront « prioritaires », selon Bruno Le Maire : la rénovation énergétique, les transports et l’énergie. « Quatre à cinq milliards » seraient ainsi affectés au bâtiment et à la rénovation thermique, et en particulier des écoles et des Ehpad, a déjà indiqué la ministre déléguée au Logement Emmanuelle Wargon.

Le rail devrait aussi bénéficier du plan, notamment le fret ferroviaire, les petites lignes de train ou les trains de nuit, selon la volonté affichée par Emmanuel Macron le 14 juillet.

« L’adaptation de nos cultures aux changements climatiques » sera aussi soutenue via le plan de relance, a indiqué le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, au moment où la sécheresse touche une partie des agriculteurs.

Soutenir les compétences face au risque de pertes d’emploi

La crise risque de priver de leur emploi de nombreux Français mais aussi de rendre beaucoup plus difficile l’entrée des jeunes sur le marché du travail. Le gouvernement prévoit donc d’investir environ 20 milliards d’euros pour soutenir les compétences, selon Bercy. Ce volet intégrera notamment les 6,5 milliards d’euros de mesures de soutien à l’emploi des jeunes déjà détaillées fin juillet.

Il comprend par exemple l’aide de 4.000 euros pour toute embauche d’un jeune de moins de 25 ans pour un contrat de trois mois minimum, les primes pour l’embauche de jeunes en alternance, les contrats d’insertion ou le service civique étendu.

Solidarité avec les plus défavorisés

Des mesures de soutien aux plus défavorisés et au pouvoir d’achat constituent le dernier pilier de la relance. Doté également d’environ 20 milliards d’euros, il regroupe par exemple les futures aides à la dépendance, aux territoires, ainsi que des mesures de stimulation de l’intéressement dans les entreprises.

Surtout, il contient les six milliards d’euros « de soutien supplémentaire en investissement » dans le système de santé.