Revêtement, fondations, poutres… Quelles sont les malfaçons les plus récurrentes lors d’une construction ?

LOGEMENT Le secteur de la construction fait chaque année son autocritique afin de déceler les malfaçons les plus fréquentes et coûteuses

J.P. pour 20 Minutes

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La mauvaise pose du carrelage est la plus importante malfaçon des logements français.
La mauvaise pose du carrelage est la plus importante malfaçon des logements français. — IStock / City Presse

Les travaux, c’est bien connu, on sait quand ça démarre, mais jamais quand ça finit. Et encore moins dans quel état.

Afin de garder les intervenants à l’œil, l’Agence qualité construction (AQC), une association regroupant toutes les organisations professionnelles du secteur, publie chaque année son top des malfaçons qui coûtent le plus cher aux particuliers, mais aussi aux assurances.

Le sol, la faille de la maison

Comme l’an passé, les soucis liés aux revêtements de sol intérieur, principalement le carrelage, sont en tête de liste des dommages les plus onéreux dans les maisons individuelles. Selon cet observatoire, ils représentent en effet 13 % des sinistres en matière de nombre de désordres et 18 % en termes de coût sur la période 2017-2019. La faute, notamment, à la tendance des douches italiennes, qui facilitent l’accessibilité des logements mais ne sont pas toujours bien étanches.

En revanche, l’AQC pointe la baisse de sinistralité concernant les fondations superficielles, passées de 19 à 14 % du coût général. Des actions de contrôle renforcées en ce domaine permettent de mieux prendre en compte l’éventuelle présence de certaines argiles dans le sol et d’adapter la construction en conséquence pour éviter de sérieux dégâts plus tard. D’ailleurs, comme les études de sol sont obligatoires pour les logements collectifs, ces derniers n’ont, à l’inverse, quasiment jamais de problème avec leurs fondations.

L’isolation, un sujet brûlant

Si les propriétaires d’immeubles neufs subissent eux aussi bon nombre de désordres liés au revêtement du sol (16 % du coût total), ils doivent également faire face à des soucis relatifs aux poteaux et poutres qui ne cessent de progresser (passés de 7 à 8 % des coûts de réparation dans les trois dernières années). Un phénomène que les experts n’expliquent pour le moment pas, mais qui pourrait être consécutif aux divers effondrements de balcons qui ont entraîné une grande prudence des maîtres d’ouvrage. Dès l’apparition de fissures, ils n’hésitent ainsi plus à prévenir leur assurance.

L’Agence qualité construction a également profité de son rapport annuel pour alerter sur la forte hausse des déclarations d’incendie prenant leur source dans les combles perdus. L’AQC met ainsi en garde les particuliers contre les professionnels, pas toujours consciencieux, qui commercialisent les fameuses offres isolation à 1 euro et posent de la laine de verre ou de la ouate de cellulose au mépris des règles de sécurité, ce qui peut déboucher sur des départs de feu.