Bercy valide la reprise d'Ascoval et d'Hayange par Liberty Steel

FEUILLETON Il s’agissait de l’un des principaux dossiers industriels depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron

20 Minutes avec AFP

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Les salariés de l'aciérie d'Ascoval, en 2018.
Les salariés de l'aciérie d'Ascoval, en 2018. — FRANCOIS LO PRESTI / AFP

L’aciérie d’Ascoval semble enfin sortie de la crise, après des années d’incertitudes et de rebondissements douloureux. Bercy valide sa reprise par un Britannique, Liberty Steel, en commun avec l’usine de rails d’Hayange, et conclut ainsi un interminable feuilleton industriel. « C’est l’épilogue d’un long feuilleton », a résumé Bruno Le Maire.

Bruno Le Maire et Agnès Pannier-Runacher, respectivement ministre de l’Economie et ministre déléguée chargée de l’Industrie, « ont donné leur accord », a indiqué Bercy jeudi soir à l’AFP, confirmant des informations du Figaro. L’annonce, qui doit être officialisée ce vendredi, marque, a priori, la conclusion de plusieurs années d’incertitudes pour le site d’Ascoval, basé à Saint-Saulve (Nord), qui était menacé de fermeture par la faillite de son principal actionnaire.

Entre échec et espoirs

Il s’agit de l’un des principaux dossiers industriels depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, avec de multiples rebondissements et autant de désillusions pour ses près de 300 salariés. Fin 2018, ils avaient une première fois retrouvé l’espoir avec une offre de reprise par le franco-belge Altifort. Validée par la justice et soutenue par le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, l’opération ne faisait plus de doute.

Mais à la surprise générale, le projet avait échoué quelques mois plus tard, faute de fonds suffisants. Altifort est depuis en redressement judiciaire. Quelques mois plus tard, nouvel espoir : le Britannique British Steel reprenait l’usine. Mais, à son tour, le groupe faisait faillite peu après. Certes, cette procédure ne concernait que ses activités britanniques et ne touchait a priori pas Ascoval. Mais elle avait relancé les incertitudes quant à l’avenir.

L’offre d’ArcelorMittal refusée

Désormais, c’est un autre britannique, Liberty Steel, qui doit reprendre l’aciérie aux côtés d’une autre propriété de British Steel, l’usine de rails d’Hayange, en Moselle. Officiellement dénommée France Rail Industriel, celle-ci est le principal fournisseur en rails de la SNCF et compte un peu plus de 400 salariés.

Surtout, elle est considérée comme « stratégique » par l’Etat. C’est pour cela qu’il devait donner son aval à son acquisition par un groupe étranger. Bercy souhaitait associer les deux sites, un partenariat logique puisque l’usine d’Hayange est déjà l’un des principaux clients d’Ascoval avec des dizaines de milliers de tonnes d’acier à la clé chaque année.

L’offre de Liberty Steel n’était pas la seule à lier les deux sites. Le chinois Jingye, qui avait lui-même racheté British Steel, avait tenté sa chance et obtenu la préférence des syndicats. Le groupe ArcelorMittal s’était aussi porté candidat pour les deux usines. Mais il suscitait beaucoup d’inquiétudes chez les employés d’Ascoval, pour qui ce géant de la sidérurgie avait déjà largement de quoi produire de l’acier et risquait d’orienter leur site vers une mort annoncée.

C’est finalement pour une troisième offre, celle de Liberty, que la justice avait tranché fin juillet. Restait donc juste à obtenir l’aval de Bercy à ce projet qui promet de maintenir emplois et production. Dans Le Figaro, Bruno Le Maire y voit « un symbole de la reconquête industrielle française ». Désormais, « nous suivrons de très près les commandes et nous verrons si cela repart du bon pied », a-t-il prévenu.