L’assurance habitation, un coût souvent négligé

ARGENT Une fois souscrit, ce contrat est souvent oublié dans un coin, sans jamais être renégocié

Julie Polizzi pour 20 Minutes

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Assurance essentielle, le contrat multirisques habitation ne doit pas être souscrit à la va-vite.
Assurance essentielle, le contrat multirisques habitation ne doit pas être souscrit à la va-vite. — IStock / City Presse

Dans la famille des assurances qui nous accompagnent au quotidien, le contrat multirisques habitation est clairement le moins onéreux. Là où la protection automobile coûte quelque 600 euros chaque année aux Français, celle de votre domicile revient, en moyenne, à 214 euros par an en 2020, selon une récente étude du comparateur Assurland.com.

Il n’empêche, souscrire cette protection à la va-vite peut s’avérer aussi inefficace que peu rentable.

Le b.a.-ba du contrat

L’assurance habitation consiste à vous indemniser lorsque votre logement ainsi que les meubles et objets qu’il contient sont endommagés par un incendie, un dégât des eaux, des intempéries (grêle, tempête, neige, catastrophe naturelle), du vandalisme ou encore en cas de vol. En complément, ce contrat couvre également votre responsabilité civile, afin de régler à votre place les dégâts que vous pourriez causer à autrui. C’est la raison pour laquelle la législation a rendu cette couverture assurantielle impérative pour tous les locataires, mais aussi pour les copropriétaires.

De même, si les propriétaires de maisons individuelles sont légalement libres de se passer de cette protection, elle reste, dans les faits, indispensable tant les enjeux financiers sont grands en cas de sinistre.

Les points de vigilance

Pour limiter la facture, 63 % des assurés optent pour une protection de base, selon l’étude d’Assurland.com. Le chiffre grimpe même à 74 % pour un appartement. En cas de sinistre, les biens mobiliers sont alors indemnisés en tenant compte de leur taux de vétusté. En clair : plus votre canapé est vieux, moins le chèque sera élevé. Moyennant un coût supplémentaire de 20 à 25 %, la moitié des propriétaires de maison préfèrent donc choisir une formule supérieure incluant d’autres causes de sinistres (dommage électrique, bris de vitre…), des garanties spécifiques comme celle prévue pour les bijoux, ainsi qu’un remplacement du mobilier sur la base de la valeur à neuf. Mais gare à la définition de cette notion, qui varie d’une compagnie à l’autre.

Selon Olivier Moustacakis, cofondateur d’Assurland.com, rien ne sert de se sur-assurer : « L’essentiel est de bien évaluer la valeur de son capital mobilier ». Lorsque vous souscrivez votre contrat multirisques habitation, le professionnel va en effet vous proposer d’assurer un montant forfaitaire déterminé en fonction du nombre de pièces de votre domicile. Un tiers des Français déclare ainsi un capital mobilier de 20.000 euros. Sauf que la plupart des gens se trompent.

Gardez l’œil sur votre contrat

« Pour déterminer au plus juste votre capital mobilier, vous devez partir du prix d’achat de chaque meuble, puis réduire ce montant de 10 % par an à partir de la deuxième année de possession », nous explique l’expert. Si le calcul doit être réalisé avant de signer votre contrat, ce taux de vétusté devrait donc, dans l’idéal, être également rectifié une fois par an afin de réévaluer votre capital mobilier car, rappelons-le, plus ce dernier est élevé, plus le montant de la prime est important. Conséquence logique : après plusieurs années de souscription sans avoir redécoré toute la maison, vous payez sans doute trop cher votre assurance.

À l’inverse, trop de ménages oublient de mentionner leurs objets de valeur. Pourtant, bijoux en or et œuvres d’art doivent être connus de l’assureur pour bénéficier d’un dédommagement spécifique basé sur la facture d’achat et le certificat d’authentification.

Faites évoluer votre contrat

Comme n’importe quelle assurance, le contrat multirisques habitation varie du tout au tout d’une compagnie à l’autre, mais aussi d’un profil d’assuré à l’autre. Sans compter que vous pouvez bénéficier d’une politique tarifaire avantageuse une année et ne plus y répondre par la suite. S’il n’est jamais réjouissant de se plonger dans ses contrats, il est recommandé de faire une petite simulation d’assurance une fois par an, afin de bénéficier de la protection la plus adaptée au meilleur tarif.

Bon à savoir : en vertu de la loi Hamon de 2014, vous pouvez résilier à tout moment votre couverture assurantielle, une fois la première année d’engagement terminée.

Quels prix en 2021 ?

La politique tarifaire des assureurs habitation est actualisée une fois par an, en fonction du taux de sinistralité de l’année écoulée. Or, pendant les mois de confinement sanitaire, les vols, cambriolages, mais aussi dégâts des eaux et incendies ont chuté de 25 % sur tout le territoire. Selon Olivier Moustacakis « il devrait donc logiquement y avoir une baisse des prix en 2021 ».