Coronavirus à Paris : Comment fonctionnent les tests de dépistage dans les aéroports ?

EPIDEMIE Les frontières étant fermées avec les 16 pays en question, la mesure concerne uniquement les ressortissants français qui arrivent sur le territoire

R.L.

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La zone de dépistage de l'aéroport de Roissy
La zone de dépistage de l'aéroport de Roissy — Thibault Camus/AP/SIPA
  • Près de 200 personnes sont mobilisées dans les aéroports parisiens pour ce dispositif.
  • Samedi, au premier jour de la mesure, 556 passagers sur 2.671 ont été testés.
  • Le résultat du test effectué à l’aéroport tombe au maximum 48 heures après, assure l’Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France.

Un dispositif conséquent. Depuis le 1er août, les passagers en provenance de 16 pays « à forte circulation du coronavirus » doivent se soumettre à un test de dépistage dans la foulée de leur arrivée sur le tarmac des aéroports français. Concentrant une grande partie des liaisons internationales, les aéroports parisiens de Roissy-Charles de Gaulle et Orly sont en pointe de ce dispositif.

Au total, 556 passagers sur 2.671 ont d’ores et déjà été testés samedi dans ces aéroports au premier jour de l’entrée en vigueur du contrôle sanitaire et un second bilan doit être publié prochainement. Parcours, moyens déployés et temps d’attente… 20 Minutes fait un point sur la mesure.

Quelle est la mesure en vigueur ?

Depuis samedi matin, les passagers âgés de plus de 11 ans arrivant par avion dans un aéroport du territoire français, en provenance de seize pays « à risque » ou dite sur liste « écarlate » doivent présenter à leur arrivée « la preuve du résultat d’un examen biologique de dépistage virologique réalisé moins de 72 heures avant le vol, ne concluant pas à une contamination par le Covid-19 », indique le ministère de l’Intérieur. Si le passager ne possède pas ce document, il est invité à se faire tester dans un espace spécifique aménagé dans l’aéroport. En raison de leur rayonnement et de leur positionnement, les aéroports parisiens de Roissy Charles de Gaulle et Orly sont particulièrement sollicités.

Qui est concerné par ces tests ?

La liste des 16 pays est la suivante : Koweït, Bahreïn, les Emirats arabes unis, les Etats-Unis, le Panama, l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Brésil, l’Inde, Israël, Madagascar, Oman, le Pérou, le Qatar, la Serbie et la Turquie. « La liste est réactualisée toutes les deux semaines », précise l’Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France (ARS), sollicité par 20 Minutes. Les frontières étant fermées avec les pays en question, les passagers sont exclusivement des Français expatriés de retour, des personnes ayant la double nationalité ou des étrangers disposant d’un emploi et d’une adresse dans l’Hexagone. Mais tous sont soumis à la même règle : « Sans ce test, les voyageurs ne peuvent pas rentrer sur le territoire français », rappelle l’Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France. Il n’y a donc aucun touriste.

Quel est le dispositif et le parcours de prise en charge ?

Quand les passagers arrivent, deux files se forment. Ceux qui ont leur test et ceux qui ne l’ont pas. Les agents de la police aux frontières vérifient les tests de ceux qui l’ont fait avant leur voyage et mettent une gommette de couleur sur les passeports pour les tests qui sont négatifs. Ceux qui n’ont pas leur test sont, eux, accompagnés par des agents aéroportuaires vers la zone de prélèvement. « Ils remplissent un formulaire d’identité et un test PCR est effectué, pour savoir si à l’instant T la personne est porteuse ou non du virus », détaille-t-on à l’ARS. Temps d’attente selon l’agence : une trentaine de minutes. Une fois le test réalisé, la personne peut continuer son voyage, en France ou en transit, explique le ministère de l’Intérieur dans un communiqué. « On recommande l’isolement en attendant les résultats, mais ce n’est pas obligatoire », selon l’ARS. Dès lors, des laboratoires (Biogroup à Orly et Eurofins à Roissy) ainsi que les gendarmes s’activent et analysent directement les tests sur place dans des infrastructures mobiles.

Qui réalise les tests ?

Les personnes réalisant ces tests dans les aéroports parisiens sont des personnes provenant notamment de la Croix-Rouge, l’Ordre de la malte, des secouristes, la protection civile et des membres d’associations de Sécurité civile. Tous ont été formés par l’AP-HP. En tout, dans les aéroports parisiens sont mobilisés dans le cadre de ce dispositif, 80 policiers aux frontières, cinq techniciens de recherche criminelle de la gendarmerie, 50 personnels de l’AP-HP et de l’ARS Ile-de-France ainsi que neuf pompiers.

Quid des résultats du test ?

Le résultat tombe au maximum 48 heures après le prélèvement. Si le résultat est négatif, aucun problème. S’il est positif, la personne est recontactée par les autorités sanitaires et entre ensuite dans le suivi de « Contact tracing ». « On va lui demander un certain nombre d’informations et de s’isoler durant quatorze jours », explique l’ARS. Lorsque la personne refuse le test, une mesure de quarantaine par arrêté préfectoral est mise en place. « Si la personne a un endroit où elle peut s’isoler elle le fait. Si elle rencontre un problème d’isolement, la cellule territoriale d’appui à l’isolement (CTAI) peut proposer une solution d’hébergement », assure l’ARS. Sur les contrôles effectués sur l’ensemble des aéroports français, seulement trois personnes ont refusé d’être testées à Lyon Saint-Exupéry, selon le ministère de l’Intérieur. Aucune n’a refusé dans les aéroports parisiens, selon l’ARS. Surtout, « beaucoup ont fait les tests avant de partir », se félicite-t-on.