Le scandale rebondit à Paris

Armelle Le Goff - ©2008 20 minutes

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L'affaire Madoff, du nom de ce banquier new-yorkais à l'origine d'une frauderecord de 50 milliards de dollars, concernerait aussi certains organismes de placement collectif de valeurs mobilières (OPCVM) français, pour un montant de 50 millions d'euros. Une somme plus ou moins équivalente au montant des pertes reconnues la semaine dernière par les établissements bancaires hexagonaux. Sauf que cette fois, ces pertes pourraient, par le biais des OPCVM, toucher le grand public. Explications.

Les OPCVM sont des produits d'épargne gérés par une société de gestion, banques ou compagnies d'assurance. En France, il en existe deux types : les Sicav et les Fonds commun de placement (FCP). Selon l'AMF, aucun fonds français n'aurait confié ses actifs à Madoff. Le problème, pour Serge Maître, de l'Association française des usagers de banque (Afub), c'est qu'« on peut avoir des Sicav et FCP qui a priori ne sont pas exposés mais sous couvert de limiter les risques, on passe par des « fonds de fonds ». Les OPCVM exposés le seraient, pour l'essentiel, via ces « fonds de fonds ». Soit, selon l'AMF, quelque 500 millions d'euros.

« A ma connaissance, les OPCVM qui seraient touchés sont des OPCVM spécialisés et pas du tout des OPCVM grand public [...] », a déclaré hier Christine Lagarde. Sollicité pour des précisions sur les OPCVM concernés, une centaine selon l'AMF, Bercy n'était pas en mesure de répondre à nos questions hier. En revanche, l'AMF corroborait les informations de la ministre de l'Economie estimant que seule 8 % des pertes, soit environ 40 millions d'euros, seraient susceptibles d'impacter le grand public. « Le reste concerne soit des fonds distribués à une clientèle fortunée, soit des fonds distribués à des institutionnels ou à un nombre limité de particuliers ».

L'AMF a affirmé avoir demandé à toutes les sociétés concernées de « prévenir sans délai leurs clients ». De son côté, Serge Maître conseille aux épargnants de consulter l'évolution des performances de leurs OPCVM. En cas d'effondrement, il préconise d'adresser sans délai une lettre recommandée avec accusée de réception à la direction de sa banque ou société de gestion.