Renault annonce une perte historique de 7,3 milliards d’euros au premier semestre 2020

AUTO « La situation est sans précédent, elle n’est pas sans appel », juge le directeur général du groupe, Luca de Meo

20 Minutes avec AFP

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Le logo de la marque automobile Renault.
Le logo de la marque automobile Renault. — ALLILI MOURAD

La situation est telle que le constructeur automobile français est aujourd’hui incapable de prévoir un résultat financier pour cette année. En attendant, Renault a déjà les chiffres du premier semestre 2020. Et ils sont catastrophiques, avec la perte nette la plus lourde de son histoire, à 7,3 milliards d’euros, a-t-il annoncé ce jeudi.

Le groupe, déjà en difficulté avant la pandémie de coronavirus, avait annoncé fin mai 15.000 suppressions d’emplois dans le monde (dont 4.600 en France). « La situation est sans précédent, elle n’est pas sans appel », a tenté de rassurer le nouveau directeur général, Luca de Meo, qui a pris ses fonctions au début du mois. « J’ai toute confiance en la capacité du groupe à rebondir », a-t-il ajouté, cité dans le communiqué transmis par Renault. « La crise sanitaire que nous vivons actuellement a fortement impacté les résultats du groupe sur le premier semestre et est venue s’ajouter à nos difficultés préexistantes », a expliqué pour sa part la directrice générale adjointe, Clotilde Delbos.

En constraste avec PSA

Cette perte historique s’explique principalement par la contribution du constructeur automobile Nissan, dont Renault possède 43 % du capital. Cette participation a pénalisé le groupe au losange à hauteur de 4,8 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires a plongé de 34,3 % sur les six premiers mois de l’année, à 18,4 milliards d’euros. La marge opérationnelle est tombée nettement dans le rouge, à -1,2 milliard d'euros. Renault estime à 1,8 milliard l’impact négatif de la crise sanitaire. Cette marge était positive de 1,7 milliard d’euros au premier semestre 2019. Renault (qui regroupe aussi les marques Dacia, Lada, Alpine et Samsung Motors) souffre notamment de surcapacités de production au niveau mondial. Il a été particulièrement frappé par la chute du marché liée à la crise sanitaire. Le constructeur a annoncé des dépréciations d’actifs pour 445 millions d’euros, afin de prendre en compte des « hypothèses de volume revues » à la baisse « pour certains véhicules », ainsi que des provisions pour charges de restructuration pour 166 millions d’euros « principalement liées au plan de départs anticipés en France ».

Par ailleurs, l’échec de la stratégie du groupe en Chine est également acté dans les comptes avec 153 millions d’euros de moins-value de cession dans ce pays, une charge liée à la cession des parts de Renault dans sa filiale commune avec Dongfeng Motor Corporation. Renault avait annoncé qu’il abandonnait la vente de voitures à motorisation thermique en Chine pour se concentrer sur les utilitaires et les véhicules électriques.

Autant de chiffres qui contrastent avec ceux du rival français PSA (Peugeot, Citroën), qui a réussi à gagner de l’argent au premier semestre malgré la crise, avec un bénéfice net de 595 millions d’euros.