Train des primeurs Perpignan-Rungis : Castex veut la relance des autoroutes ferroviaires

TRANSPORTS Le train récemment supprimé entre Rungis et Perpignan devrait être relancé grâce à un plan de développement du fret ferroviaire

David Blanchard

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Un employé charge des fruits dans le train de Fret Perpignan-Rungis, le 14 mai 2019.
Un employé charge des fruits dans le train de Fret Perpignan-Rungis, le 14 mai 2019. — RAYMOND ROIG / AFP

Il était le symbole de la différence entre le discours et les actes. Le train des primeurs reliant Perpignan à Rungis, qui servait surtout à transporter des fruits et légumes venus d’Espagne, devrait être relancé prochainement. L’Etat compte développer des autoroutes ferroviaires, et rendre gratuits les droits de péage pour les trains de marchandises, a annoncé ce lundi le Premier ministre Jean Castex dans le cadre de la relance du fret ferroviaire.

« Il y a des péages pour emprunter les sillons (…) que les trains de marchandises empruntent avec les trains de voyageurs, donc nous avons décidé la gratuité de ces péages jusqu’à la fin de l’année 2020 et une division par deux, c’est un effort tout à fait significatif, en 2021, du prix de ces péages », a déclaré le Premier ministre à l’occasion d’un déplacement sur le chantier de transport combiné de Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne).

« C’est un signal extrêmement fort que le gouvernement donne et c’est une première étape dans ce que j’appellerai le plan de reconquête ferroviaire », a-t-il ajouté. Cela représente 63 millions d’euros en 2020 et encore 63 millions en 2021, selon Matignon. Grâce à ces incitations, l’Etat espère voir 20.000 poids lourds de moins sur les routes en 2021, correspondant à 425.000 tonnes de CO2 émis en moins.

Sète-Calais et Bayonne-Cherbourg aussi relancés

Le gouvernement a également la « ferme intention de rouvrir et développer les autoroutes ferroviaires », a ajouté Jean Castex. Des appels à projets seront lancés d’ici la fin de l’année pour les lignes Bayonne-Cherbourg, Sète-Calais et Perpignan-Rungis, que l’Etat aimerait voir prolongée d’Anvers jusqu’à Barcelone.

« Vous avez devant vous un Premier ministre qui a été meurtri par l’affaire du Perpignan-Rungis, le train des primeurs », suspendu depuis un an, a confié Jean Castex, élu municipal à Prades (Pyrénées-Orientales).

Jusqu’en juillet 2019, le « train des primeurs », formé de wagons réfrigérés, transportait chaque nuit fruits et légumes produits dans les Pyrénées-Orientales vers le marché de Rungis. La ligne devait être relancée fin 2019 vers la plateforme multimodale de Valenton (Val-de-Marne), plutôt qu’à Rungis où la gare doit être modernisée, mais les clients ne se sont pas précipités.

Le transport combiné rail-route, « c’est l’avenir »

Jean Castex, qui était accompagné du PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou, et des ministres Emmanuelle Wargon (Logement), Barbara Pompili (Transition écologique) et Jean-Baptiste Djebbari (Transports), a également dit vouloir développer le transport combiné rail-route, car « c’est l’avenir ».

« Il faut aussi restructurer la gestion du fret ferroviaire, améliorer sa compétitivité », a-t-il affirmé sans plus de précision. Un des enjeux est la modernisation du réseau ferroviaire, auquel le gouvernement consacre « plusieurs milliards d’euros par an jusqu’en 2022 », selon Jean-Philippe Djebarri.

Dans ce cadre, Ivan Stempezynski, président du groupement national des transports combinés, a demandé à Jean Castex de donner à SNCF Réseau, gestionnaire des voies, les moyens de ses ambitions.