Vente de l'usine Daimler en Moselle : Le gouvernement a demandé « une contre-expertise »

EMPLOI Le projet de reprise de l'usine d’Hambach (Moselle) porté par le groupe Ineos, qui souhaite produire des 4x4 à essence, « soulève des questions »

T.G. avec AFP

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Devant l'usine Smart d'Hambach (illustration).
Devant l'usine Smart d'Hambach (illustration). — G. Varela / 20 Minutes
  • Début juillet, Daimler, le groupe qui possède Mercedes, a annoncé sa volonté de vendre son usine d’Hambach, en Moselle, surnommée « Smartville » car les Smart y sont produits.
  • Un projet de reprise est porté par le groupe britannique Ineos, qui voudrait produire son 4x4 à essence, le Grenadier.
  • « Nous avons demandé [au cabinet de conseil] Roland Berger de faire une contre-expertise indépendamment du projet qui est proposé par Daimler », a annoncé ce lundi la ministre déléguée à l’Industrie Agnès Pannier-Runacher.

Le gouvernement français s’intéresse de près au projet de vente de l'usine Daimler de Hambach, en Moselle, qui produit la Smart. « Nous avons demandé [au cabinet de conseil] Roland Berger de faire une contre-expertise indépendamment du projet qui est proposé par Daimler », a déclaré ce lundi sur CNews la ministre déléguée à l’Industrie Agnès Pannier-Runacher, qui doit se rendre cette semaine sur le site.

« C’est peut-être un très bon projet, mais c’est un projet qui soulève des questions », a-t-elle estimé. « Est-ce que ça donnera suffisamment de travail à l’ensemble des opérateurs qui sont aujourd’hui sur le site ? Quel impact cela aura sur la sous-traitance et ne faut-il pas d’autres projets pour compléter ce premier projet du groupe britannique Inéos ? »

« Il faut un avenir »

Celui-ci veut produire un 4x4 à essence, baptisé Grenadier. Agnès Pannier-Runacher a assuré qu’elle ne « balaye pas du tout du revers de la main ce projet porté par un groupe industriel britannique de grande qualité ». « Ce premier véhicule a encore sa légitimité dans la mesure où il sort très vite parce qu’il est encore dans un temps où on aura des véhicules thermiques, mais en revanche il faut un avenir. Quels sont les autres véhicules qu’Inéos prévoit de produire ? », a-t-elle demandé.

« Est-ce que Daimler peut confier à Hambach, qui est une des usines les plus productives d’Europe pour Daimler, des modules ou des parties de véhicule plutôt sur la chaîne électrique ? Est-ce qu’on peut enfin envisager un projet hydrogène ? », s’est encore interrogée la secrétaire d'Etat.

Jeudi, le patron du groupe allemand Ola Källenius avait indiqué rechercher pour le site de Hambach « une perspective » qui « préserve un maximum d’emplois ». Entre 800 et 1.000 personnes ont manifesté vendredi à Sarreguemines pour protester contre le projet de vente et réclamer des garanties pour le maintien des emplois.